Maison d'Amahir



 
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 De là-bas, au soleil...

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Della

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Date d'inscription : 17/07/2010

MessageSujet: De là-bas, au soleil...   Lun 26 Mar - 16:57

Citation :
Ma très chère Della,
Muo Dunne,
Salut.

Que tu me manques depuis la Castille, chère chérie ! Et pas un mot, pas une ligne de toi, ô... le désespoir de t'attendre venir fait chavirer mon cœur, à chaque bateau qui s'approche de nos cotes. Tu sourirais, ma mie, si tu savais que j'ai envie dès qu'un pavillon bleu roy s'avance vers Forte de Auxo, il y a les consignes de me prévenir aussitôt, et ainsi vingt fois, trente fois par quinzaine, on me prévient que, peut être, le drapeau hissé au mat est proche de celui de votre roy.
Je suis navrée de ne pas t'avoir écrit avant, ma Della. J'ai pensé à toi, je te rassure, autant qu'il est possible de faire. Notre dernière entrevue étant si loin dans mon esprit, je ne peux que tu suggérer de venir nous voir, et d'emmener petit Clément avec toi, qu'il me tarde de serrer contre mon cœur.
J'espère que les élections royales se passent bien. Je te crois fidèle à Eusaias, et ce qu'on m'en dit me rassure : c'est un homme à poigne et qui connait ses devoirs, il me serrait impossible de t'imaginer soutenir un quelconque autre... Tu as toujours eu l'esprit adroit, ainsi que Béatrice me le disait souvent, et ce pourquoi elle te laissait gérer ses affaires nobles. Nos propres élections se sont bien passées, mais cela remonte à longtemps. Mon époux s'y voyait déjà élu Roy, mais j'ai peur de cette espèce de malédiction des trônes de France, d'Espagne ou d'Angleterre, qui font une valse des souverains qui tourne si vite ! Vois, déjà Nébisa n'est plus, alors que le souvenir de Béatrice est si chaud en mon cœur... Je ne regrette cependant pas la Malemort, et pardonne moi de le dire, mais elle régnait moins bien que Béatrice l'aurait fait, et l'avait fait avant elle. Mais elle était femme belle, je crois, et une femme encore jolie après avoir mis au monde autant d'enfants, mérite un respect conséquent.

Je t'avais annoncé, je crois, mon heureuse grossesse. Si tôt après le mariage c'était une bénédiction... Malheureusement, le Seigneur a rappelé auprès de lui son enfant, ôté la chair de ma chair, et laissé en moi un ventre si vide qu'il me désespère... Oserai-je seulement te dire ce qu'Astaroth m'a dit ? La plupart de ses mots ne me reviennent pas en mémoire, mais son air si déçu, et ses yeux, mon Dieu ses yeux... Il eût tôt fait de me gifler, que son verbe n'aurait pas été plus incisif. Vous êtes encore jeune, m'a-t'il dit, et vous me donnerez un fils.
Jamais encore il n'avait été à ce point brutal avec moi ; Dieu voulut que la nuit suivant ma miséricorde, je fus trop faible pour qu'il se joigne à moi, mais à peine une lune plus tard qu'il revenait, et oh Della... Je n'ose te dire à quel point les choses ont changé, ici. Il n'est jamais doux, ni posé lorsqu'il partage mon lit, l'homme de ma nuit de noce est tellement loin de celui qu'il est! J'en ai mal partout, même à l'intérieur, je ne dis rien bien sûr, ce serait impossible d'ouvrir la bouche en de pareilles circonstances, mais à toi, et dans ta langue au moins, je peux l'avouer : j'ai mal, tout le temps j'ai mal, j'ai mal aussitôt qu'il ouvre la porte, quand il se pose sur le lit, j'ai l'impression qu'il lion aborde mes couvertures, quand il m'honore j'ai envie de hurler et de m'en dégager, et une fois sa rage passée, il est satisfait d'avoir accompli son devoir, il s'écrase sur moi et j'ai envie de mourir ! Et ensuite il me rappelle mon serment d'épouse, il baise mon ventre, ou mes cuisses et tout cela est tellement répugnant, pour juste avant de dormir, rappeler ce qu'il veut de moi.

Et si je n'étais capable de lui offrir un enfant ? Catherine, car c'est ainsi que j'ai nommé la fille avant qu'elle ne soit enterrée, pourrait être notre unique enfant... J'ai si peur, Della ! Il me dit du bien, et des bonnes choses, mais l'instant suivant il devient si brutal, si violent, je sais qu'il pourrait me tuer si je ne lui plaisait pas autant. Il faut absolument que j'enfante, que Dieu me vienne en aide, ou je ne sais ce qu'il adviendra.

J'ai revu celui que tu n'aimes pas. Je n'en parlerai pas ici, comprends-moi. Viens ou invite moi, mais décidons de nous revoir ou je meurs de toi.
Je t'aime.

Blanche.

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Della

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MessageSujet: Re: De là-bas, au soleil...   Mar 27 Mar - 9:30

Citation :
Ma Douce Colombe,


Je pleure. Les mots que je lis sont si cruels, tu souffres et je pleure.
Ô comme je te comprends, mon Âme !
Rappelle-toi le temps où je désespérais de donner un fils à mon époux. Je sais la souffrance de se dire que l'on ne remplira jamais notre devoir de femme et d'épouse.
Mais cela n'explique en rien la violence dont tu parles !
Pourquoi cet homme se donne-t-il le droit d'être aussi bestial avec une si fragile créature ? Qui est-il donc, celui-là qui te violente ? Puisse le Très Haut le punir, et vite ! Sinon, je le ferais, moi.
Te souviens-tu ? Notre plan pour punir celui qui t'avait fait souffrir ? Cela dut être la seule fois où je rencontrai la sorcière avec plaisir. Faisons la même chose, veux-tu ? Payons pour qu'il paie.

Ô Blanche, comme ces mots me meurtrissent. Ils me rongent l'âme, je rêve de venir te sortir des griffes du dragon.
Tu me parles de venir te voir...Hélas, je ne puis. Pas encore. Kéridil est Duc à présent, en Orléans et je suis à ses côtés, il désirait que je le fus et c'est donc ma place. Orléans est pareil à lui-même, calme et tellement prévisible. Je me repose d'une campagne ducale en Bourgogne très rude où beaucoup ont sué des gouttes de sang. L'espèce de mégère que ma Mère avait fait élire est devenue folle au bout de quinze jours et le Duché est devenu un théâtre ridicule ! Pense donc, des saltimbanques en ont même fait un spectacle ! Cette vipère d'Edwen a déposé plainte à la Hérauderie contre ma Mère, ma Vassale et moi ! J'enrage de ne l'avoir pas étripée, celle-là !
Orléans est donc un temps de repos. D'autant que je suis tellement déçue. Eusaias ne fut pas élu. J'en viens à me demander si je dois rester à la Cour où si je dois la quitter. Pour Nébisa, je décidai de rester. Elle était tellement peu présente qu'au final, j'ai fait ma vie comme je l'entendais entre les murs de mon Office. Pour Vonafred, je ne sais encore. Parfois, je me dis que tout laisser serait tellement agréable. Puis, l'instant d'après, je me demande ce que je ferais si je n'avais plus Paris. Je ne veux pas reprendre la politique, j'ai perdu le goût du combat. La diplomatie ne m'attire plus non plus. Alors ? Quoi ? Pondre des enfants ? Je ne suis même pas assurée d'en pouvoir encore enfanter. Depuis la naissance de Clément, pas une seule alerte. Kéridil ne m'a encore rien fait remarquer et je n'ai pas encore revu l'interrogation au fond de son regard, espérant que je lui annonce une grossesse, comme ce fut le cas avant Clément. Je m'en réjouis car que lui répondrais-je s'il revenait à la charge ? Mon corps a peut-être donné tout ce qu'il avait à donner ?

Ma Chérie, comme cela serait simple si toi et moi étions homme et femme. Te souviens-tu ?
Ma Cousine m'a demandé hier, de lui dire si elle était séduisante.
Je ne m'attendais pas à cette question, bien sûr. J'ai sursauté puis, j'ai ri.
Jamais ne m'étais attardée à considérer ce genre de choses, chez une femme autre que toi.
J'en restai troublée un long moment...

Si tu venais ?
Oui, viens !
Je vais enfin avoir bientôt un Chapelain à Montpipeau et enfin, allons-nous pouvoir baptiser Clément. Il faut que sa marraine soit là !
Viens.
Tu resteras ici, jusqu'à la fin du printemps et même en été si tu le désires. J'écrirais à ton époux, je lui dirais que j'ai besoin de toi, que je te garde encore.
Nous pourrons rester seules, parler et rire et danser ! Tout autant que nous le voudrons ! Nous jouerons avec les enfants et nous ferons de longues promenades à cheval.
Nous aimerons le lever du soleil parce qu'il signifiera une nouvelle journée ensemble.
Nous aimerons la lune parce qu'elle brillera pour nous.
Viens.

Je prépare ta venue.
Je t'aime, ma Colombe.

Mille baisers.
Della.

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Della

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MessageSujet: Re: De là-bas, au soleil...   Sam 7 Avr - 15:28

Citation :
Ma Della,
Duchesse,

Ces mots m'emplissent de joie. Tu es telle que j'ai toujours rêvé de t'appeler. Tu dois rayonner, au sommet de cette gloire que vous avez autant méritée l'un l'autre... Ah, douce Della, que je suis heureuse pour vous! Cette nouvelle n'est pas sans rejoindre d'autres, de France, dont je ne connais pas l'exacte vérité : un coursier de Bretagne, à qui je donne une lettre de temps en temps, et en qui j'ai toute confiance malgré sa condition de marin, m'a glissé à l'oreille l'autre jour, que de sombres choses se tramaient en Bretagne et en France. Point pour les mêmes raisons, cependant. De la Bretagne cela est quasi sûr, car j'ai demandé sitôt à Chimera de Dénéré-Malines, la duchesse de Cholet (mais elle n'a été duchesse que pour six moi en tant que Chambellan), la duchesse, donc, et elle m'a répondu par les mêmes échos. Elfyn, celui qui prétend être roi de Bretagne, serait au plus mal. Oh, souhaitons qu'il meure !
Dans son dernier édit, où il nomme Lemerco régent, il a aussi destitué ma suzeraine. Celle-là même qui est désormais reine de France... Leyah, donc.

Les nobles de Bretagne ont décidé de publiquement se réunir, pour nommer un régent jusqu'à ce qu'Elfyn ne meure. C'est une fronde pure et simple, mais vois-tu, quand la majorité décide que ça ne l'est pas... J'ai dit et fait pareil qu'eux, six mois avant, mais ce que j'ai fait moi, ils le considèrent comme intolérable... N'aurais-je pas juste été plus rapide et plus avisée ?

L'autre nouvelle concerne la France. On me dit qu'un second roi s'est fait élire ? Allons, la chose me parait étrange stricto sensu, mais connaissant de loin Eusaias, j'imagine qu'elle peut être aussi un peu vraie. Cet homme m'amuse. Il me séduit par sa façon chimérique de retourner aux us et coutumes féodaux. Ah, un chevalier légitime, qui tape un poing curassé sur la table et obtient grâce... J'espère que ces rumeurs sont vraies, j'espère qu'il s'est en effet élevé envers Vonafred.

Tiens moi, si cela est vrai, informée des avancées de son expédition. Carolum enrage, il voudrait prêter main forte à Vonafred (je ne sais d'ailleurs même pas comment il a pu connaître ces informations) et je le trouve un peu idiot. Fort heureusement, mon époux est moins têtu, et nous gardons la bête en cage.
Il est probable d'ailleurs que les choses changent aussi, ici... Astaroth peine à contenir sa haine au roi, il n'est plus si loyal, et je le vois bien devenir roi à sa place bien vite...

Cela étant, si Eusaias s'est élevé, il n'est plus question du Louvre et des hommages respectifs aux Roi et Reyne. Nous irons en chaque duché, rencontrer les ducs et comtes. J'aime ainsi à penser que j'abandonnerai la délégation espagnole au beau milieu du centre bleu roy, à Orléans, et que j'y resterai avec toi tout le jour. Peut être pour cela faudrait-il que l'on trouve un arrangement plus proche entre la castille et l'orléans... N'avez-vous point de diplomate spécialisé dans ces pays? Non qu'il ait besoin de parler castillan, car vois-tu, la chose m'incombe et je parle mieux français de jour en jour... Quoique l'autre fois j'eusse dû utiliser une conjugaison trop hasardeuse, car elle m'a paru très étrange. Ne dit-on pas "je chantis, tu chantis" ? Laissons-là. Je disais : trouvons un arrangement de la Castille à l'Orléans. Tu avais une vassale à marier je crois ? Essayons de lui trouver un castillan. Ou promettons à un tout autre noble, le loisir d'un coït rauque et brun. T'ai-je dis à quel point les femmes ici sont vulgaires ? Ma brutalité à l'exprimer t'aura choqué, sans doute... Mais elles sont toutes impures, fardées, sans grâce, sans intelligence... La répudiée d'Astaroth doit être un peu sorcière. En tous cas, elle écarte les cuisses avec beaucoup d'habileté.
Mais je m'éloigne encore du sujet ! Oh, Della, enjoint ton époux à un rapprochement diplomatique ! Peut être même que je pourrais écrire à Eusaias ? Ne pourrions-nous pas partager un ami, cela ferait de nous plus que des sœurs!

C'est étrange, tu vois. Je suis subitement heureuse, mais je ne peux m'empêcher de repenser à ta lettre : tu me dis bien des problèmes concernant la Bourgogne... Ne peut-on point châtier cette souillon, car enfin elle entâche ton nom très grossièrement ! C'est extrêmement mal-aisé, je trouve... Et très méprisable. Je lui aurais publiquement dit ma façon de penser à cette dinde-là !
Et ta mère, que je croyais très éclairée, t'aura fait faire un mauvais choix... Ah. Il faut cependant bien suivre sa commande, puisqu'une fille obéit à celle qu'elle aime.
M'obéirais-tu si je te demandais de me rejoindre ?
Je te rejoindrai, là. Emplie encore de l'émoi que ta lettre m'aura offert.

J'ai beaucoup d'autres choses à te dire, mais Astaroth revient bientôt. Je clos ici. Tu es dans mes pensées.

Blanche da Lua

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