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 Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)

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Severin de Volvent

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MessageSujet: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Jeu 4 Oct - 3:38

(*)citation by H. de Balzac.

Ainsi faisait Severin de Volvent.
Au coucher, il laissait Davia prendre place dans la couche conjugale prétextant quelconque travail à terminer dans son cabinet, ou s'agenouillait il tout simplement en prières, longues assez pour laisser le loisir à son épouse de s'endormir.
Il s'asseyait alors, essayait de s'allonger, crispé par la proximité de celle qui pourtant était son épouse, puis, nerveux, se redressait pour la regarder. Paisible et endormie, elle le ramenait au printemps de leur rencontre.

Il la revoyait sur le sol froid de la Sainte chapelle. Il pensait alors qu'elle n'avait rien perdu de la beauté simple de son juvénile visage, bien qu'il préférât perdre son regard dans les yeux pétillants alors cachés par les paupières closes.
Il soupirait alors , et là ou tout mari aimant aurait abandonné sur le front de son aimée un baiser, le renart battait retraite, et comptait les heures.

C'est ainsi qu'un léger feu craquait doucement dans la pièce qui sans être exigue, offrait un certain confort intimiste.
Dans la pénombre le renart prenait place dans le fauteuil ou il passait le plus clair de ses nuits.
Habitué a peu dormir, il ne s'agissait donc pas pour lui d'une privation exceptionnelle. Le mariage n'avait ainsi ni arrangé son teint, résolument blafard, si ses étranges habitudes nocturnes. La seule différence était qu'à la place du vide, des angoisses et des cauchemars, il y avait quelqu'un, un rai de lumière, l'espoir.

Le renart feuilletait doucement l'ouvrage offert par Della à l'occasion de ses noces. Si " Du miracle de l'âme" se révélait riche en enseignements dont était friand le renart, il n'avait pourtant pas quitté la page coincée sous son doigts nerveux.
Alors que ses yeux fixaient les fines enluminures, son esprit le trahissait en s'enfuyant vers des pensées toutes résolument tournées vers Davia et son état qui présageait sous peu bien des bouleversements.

Il se préparait à être père, et plus le ventre de Davia se dessinait, rond et plein de promesses, plus ses angoisses se renforçaient.
Saurait il être pour cet enfant autre chose que ce que ses parents avaient réussi à être pour lui ? Saurait il mener cet enfant qui il le savait ne lui ressemblerait vraiment jamais sur des chemins moins sinueux que ceux dans lesquels il s'était perdu ?
L'idée que l'enfant à venir ne porterait aucune goutte du sang des Volvent semblait le rassurer autant que cela l'inquiétait. Il ne savait rien de Charles. Et si parfois il brûlait d'en savoir plus, il n'avait jamais pu se résoudre à questionner Davia.

Il soupira, reposa le livre et alors que son regard balaya la pièce.
Un sourire fugace traversa le visage, il aimait percevoir le mouvement discret des draps. Cela le rassurait. Davia était là.

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Davia_corsu

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Jeu 4 Oct - 11:59

Chaque soir avait son rituel et si les premiers mois de leur mariage avaient inquiétés la jeune épouse, elle avait fini par s’accommoder de cette intimité à la fois trop et si peu intime. Elle aimait passer du temps avec Séverin, aucun de leurs silences n'étaient lourds bien au contraire. Chaque silence était imprégné d'un sourire ou d'un regard échangé, d'une entente silencieuse et latente. La jeune Blanche qui s'était perdue entre les bras de l'hospitalier, dans une passion folle et merveilleuse était chaque jour étonnée de la douceur de ses relations avec Séverin. Une tendresse infinie les enveloppait, là ou elle n'avait connue que volupté et coeur battant. Séverin, malgré lui sans doute, l'avait assagie et apaisée dans ses doutes.

Comme tous les soirs donc, une fois revêtue de sa chainse de lin, les cheveux noués en une longue natte peu serrée, elle s'était glissé dans les draps froids et peu à peu le sommeil l'avait envahi. Si la Blanche dormait peu en mission, elle était devenue une vraie marmotte depuis qu'elle résidait à Montpipeau, d'autant plus que la vie qui grandissait en elle lui offrait des nuits hachurées entrecoupées de coups de poing et coups de tête qui la tiraient de son sommeil bienheureux. Sous la lourde pelisse les protégeant de la froideur des nuits automnales, la brune Corsu s'extirpait de ses rêves dont, depuis quelques temps, Charles ne faisait plus partie. Elle ne l'avait pas oublié, loin de là, mais c'était le souvenir de sa vie d'avant. Parfois, lorsqu'il lui arrivait de croiser un hospitalier, elle pensait tendrement à cet homme qu'elle avait passionnément aimé. Mais jamais, au grand jamais, elle ne se permettait d'imaginer: et s'il n'était pas mort? Charles était mort, et dans sa grande bonté le Très-Haut avait rapproché la jouvencelle du Volvent et elle s'en trouvait tout à fait heureuse, bien plus heureuse qu'elle n'aurait pu le croire.

Le ventre crispé de douleur, elle finit par ouvrir les yeux et sortir la tête de l'édredon chaud et confortable. Le feu crépitait dans l'âtre et elle esquissa un sourire en voyant Séverin toujours à ses lectures. Elle avait un étrange époux, mais elle aimait ses petites manies, chacune d'entre elles.


Vous ne dormez pas Séverin?

Si les premières semaines, elle s'était demandé pourquoi son mari semblait fuir la couche conjugale, s'inquiétant, peu à peu elle s'y était accoutumé et au final, elle s'en était même vue soulagée. La jeune fille redoutait, sottement, le contact charnel d'un autre que Charles, quand bien même cet autre eut été son époux. Ainsi donc, cette relation tout faite de tendresse et d'entente, lui permettant de garder un peu d'intimité derrière les tentures du lit si peu conjugal, était devenu son quotidien. Même dans le mariage, Séverin restait égal à lui-même, ce qui rassurait beaucoup la jeune femme.

Une nouvelle crispation la fit grimacer, elle respira et se cala dans son lit, à demi-assise.


Cette journée fut une étrange journée... vous souvenez vous du jour de nos noces? C'était un moment merveilleux, n'est-ce pas?

Elle ferma un instant les yeux, cherchant à retrouver la douce lumière du jour, la joie qu'elle ressentait d'avoir son père auprès d'elle. Le bonheur de devenir la femme de Séverin. Chaque jour, elle louait le ciel de l'avoir pour mari, elle rouvrit les yeux, souriant tendrement à celui qui partageait ses jours et ses nuits.


Dernière édition par Davia_corsu le Ven 5 Oct - 0:20, édité 1 fois
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Severin de Volvent

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Ven 5 Oct - 0:17

Il ne dormait pas.
Il s'était peut être assoupi un moment, reposant quelques doigts sur son front, dégageant quelques mèches des cheveux d'un blond pâle presque blanchissant. Il apaisait ainsi le début de migraine qui le prenait parfois.
Son regard voilé par la fatigue suivit la voix de Davia et alors qu'il apercevait son visage un léger sourire passa fugacement sur le visage grave.
Il se contenta de hocher la tête, reposant la main sur le guéridon tandis que de l'autre il arrangeait les mèches qui lui barraient le front.

- Étrange n'est à mon sens pas le mot adéquat... je me suis inquiété pour vous. Vous devriez dormir.

Il soupira puis sourit, se moquant intérieurement de ses élans trop protecteurs, de ses inquiétudes exacerbées.
Il se leva, le geste nonchalant. L’échancrure de sa chemise de lin laissait deviner une peau toute aussi pâle que le visage alors qu'il contournait le lit pour s'asseoir près d'elle.


- Je m'en souviens. Vous étiez... rayonnante.

Il avança la main pour replacer une mèche de sa chevelure brune.

- C'était hier ... et c'était pourtant il y a si longtemps... Comme si je n'avais jamais vécu qu'auprès de vous.

Sa voix s'était éteinte dans un souffle.
Il la regarda son visage redevenu grave et inquiet.
Il lui arrivait malgré ces certitudes et la paix qu'il goûtait depuis que la blanche partageait son existence, de se laisser ronger par le doute et les questions.
Il savait que par le mariage il avait offert a Davia de sauver son honneur, il offrait un père à son enfant, il lui offrait sa protection, même si des deux elle était la plus brave.
Et si elle n'avait jamais eu cet enfant pour précipiter leurs destins ?

Il attrapa doucement sa main.


- Est ce la le souvenir que vous gardez ? Je veux dire... ne nourrissez vous aucun regret... ?

Le renart avait toujours mis un point d'honneur a faire les choses bien.
Il avait été un bon fils, un bon élève, un perfectionniste.
Il s'était aussi assuré de se damner avec application.
Il avait tenté d'être un bon frère, un echec dont il gardait l'amertume.
Il avait besoin de balises sur les chemins qui devaient faire de lui un bon époux, ce dont il doutait.
Après tout, un bon mari n'est il pas celui qui sait honorer son épouse ?
A cette pensée, le renart se crispa légèrement. Il lui fallait une réponse.

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Ven 5 Oct - 0:44

La brune le suivit du regard. Elle goûtait chacune de ses paroles. Comme elle aimait le timbre de sa voix, la blancheur de sa peau et ses immenses yeux dans lesquels elle se perdait à loisir. Son coeur se mit à battre un peu plus fort alors qu'il s'asseyait près d'elle. Elle l'aimait protecteur. N'était-il pas le premier, maintenant qu'il était son époux, reléguant son père au rang de second. Il était à la fois si différent et si semblable à ce père qu'elle chérissait tant. Troublée, elle se mit à rougir. Chaque mot de Séverin était sincère et les compliments qu'il pouvait lui faire la remplissaient toujours d'un émoi étrange. Elle le cherchait du regard, sondant ses mots, ses gestes. Ils étaient si différents et pourtant, elle voulait tellement le comprendre.

Elle lui abandonna sa main, mêlant doucement ses doigts aux siens. A chaque fois qu'ils entraient en contact, elle ressentait quelque chose d'étrange, une sensualité vibrante et, si leur amour n'était pas passion, elle ne pouvait nier que tout son être tendait vers celui qu'elle avait choisi. Elle avait la sensation que le Très-Haut l'avait fait exprès. Un peu comme s'il avait joué avec eux. Tout ce chemin parcouru, deux destins aux antipodes qui pourtant finissent pas s'unir, comme si elle n'avait jamais été qu'à lui.

Elle glissa sa main libre sous la couverture, la crispant sur son ventre. Le petit être se chargeait de lui rappeler que la situation n'était pas telle qu'elle la rêvait. Elle ne put retenir la grimace qui se mêlait à son sourire, serrant sa main plus fort, l'air de rien.


Des regrets?? Vous en doutez encore??

Son visage redevint serein, elle porta sa main à ses lèvres, l'embrassant avec dévotion.

Séverin... l'affection que j'avais pour vous a mûrie, elle est devenue plus forte, plus intense. Aujourd'hui, je n'imagine pas vivre sans vous. J'aime être à vos côtés.

Sa voix se fit plus douce, plus basse, elle baissa légèrement les yeux, continuant d'effleurer ses doigts de ses lèvres.

Je suis à vous, sans une once de regrets, bien au contraire.

Les joues rougies par l'émotion, elle n'osait plus croiser son regard. Davia ou l'art de dire qu'elle aime, sans le dire...

Il y avait bien plus que la Sainte Chapelle. Il y avait chacune des lettres qu'ils avaient échangés, alors qu'elle tombait éperdument amoureuse d'un autre et que pourtant, au fond d'elle, quelque chose la dérangeait. Ce quelque chose, c'était Séverin, Séverin si différent, Séverin si étrange, si mystérieux, si envoûtant avec son regard à vous faire tourner les sangs. Séverin à qui elle ne pouvait s'empêcher de penser, même loin de lui, Séverin qui l'avait fait sienne, par honneur, par amour, parce qu'elle ne pouvait douter que ce soit de l'amour. Elle ferma les yeux un instant, tremblant légèrement, de froid, de cette émotion retenue, de tout ces changements qu'ils avaient vécus depuis quelques temps. Plus de peur ni de doute, elle était devenue sienne alors même que son corps ne lui appartenait pas.
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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Dim 7 Oct - 21:32

Égoïstement le renart avait laissé un onde de soulagement le décrisper à mesure que les mots de Davia lui parvenaient.
Elle était à lui. Il en frémit d'effroi aux pensées que cela lui inspirait.
Son regard perdu et profond ignora le sien qui se baissait de pudeur.
Sa main abandonna presque brusquement la sienne, brûlant encore du baiser qu'elle y avait déposé.
Il attrapa son menton, releva son visage pour mieux y plonger des yeux abyssins.

Le renart aurait souhaité mettre le doigt sur les idées et les sentiments confus qui le traversaient à l'instant.
Son souffle se fit plus lourd et retenu alors que sa main glissait dans le cou de Davia qu'il attrapa soudainement avec une fermeté qu'il ne s'était jamais permise.
Son regard glissa sur la gorge, observant la peau laiteuse qui s'offrait le masque de la bordure dentelée de la chemise de nuit.
Il ferma les yeux et l'instant d'un désir fugace mais intense passa.
Il relâcha l’étreinte.


- Vous tremblez... murmura t'il.

Son regard se radoucit dans le sien.
Si le doute était levé, la peur était encore là.
Elle était si transparente quand lui n'était qu'eaux troubles.
Elle abattait un jeu sans trucage, clair et sincère, quand lui cachait de sombres cartes dans ses manches.

Il restait immobile alors que tout son être lui commandait de se rapprocher davantage, de la serrer contre lui, de la réchauffer. Il restait crispé, comme s'il lui était interdit d'effleurer autant de pureté.
Silencieux, le renart se demandait si un jour il lui serait accordé de pouvoir se confier entièrement à Davia, a ceux qu'il aimait, Della, Gabriel, Kéridil, sa famille, tous ceux qui lui faisaient confiance et croyaient en lui, sans risquer de les perdre.


- Davia...

L'amorce d'une phrase s'éteignit happée par un soupir alors que sa main appuyait sur la tempe douloureuse d'une migraine qui venait de redoubler alors que des images du passé revenaient le troubler.

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Lun 8 Oct - 0:46

La pudeur de son geste s'était changé en intense regard partagé. Le menton relevé, elle se noyait dans les azurites profondes. Séverin avait été si vif qu'elle n'avait pas eu le temps de réagir et cet échange lui vrillait les entrailles tout autant que l'enfançon s'y agitait. La main glissa, l'époux se faisait maître, elle en frémit, émoi accentué par le regard qu'elle sentit glisser sur elle. Pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, la Blanche était certaine du désir qu'il éprouvait pour elle, toutes ses peurs s'envolèrent et elle ne put s'empêcher de sourire. D'un sourire tendre et doux, d'un sourire plein d'amour, le sourire d'une femme pleinement heureuse. Elle crut un instant qu'il allait l'embrasser, instant fugace, il ferma les yeux.

Délicatement et avec beaucoup de retenue, elle posa sa main sur sa joue, presque maternellement. Une nouvelle crampe au ventre lui fit faire une grimace. Elle était loin de s'imaginer ce que Séverin avait en tête, ni même les démons qui pouvaient le tourmenter. Elle remarqua pourtant et ce, malgré la douleur qui tiraillait ses entrailles, que l'attitude du jeune homme avait changé.


Séverin... vous, n'avez vous pas de regrets?

La voix se voulait posée mais cependant un léger trémolo trahissait son émotion. Elle se cala un peu plus dans le lit, triturant nerveusement ses mains comme elle le faisait bien souvent lorsqu'elle était angoissée.
S'il lui posait cette question, peut-être était-ce parce que lui avait des regrets? Peut-être qu'elle ne le satisfaisait pas? Peut-être qu'il était déçu? Elle passa sa main à son cou, tentant de retrouver sa respiration devenue plus saccadée.

A nouveau, une forte contraction lui arracha un gémissement.
Elle commençait à s'inquiéter de ces douleurs récurantes et de plus en plus fréquentes. Elle lança un regard apeuré à son époux, étirant ses jambes et tentant de respirer.
Elle lui tendit sa main.


Séverin...

Elle se crispa un peu plus, s'agrippant aux draps.

Séverin... je n'arrive plus à respirer.

La douleur recommença à nouveau, les instants passés s'étaient envolés, elle ne pensait plus qu'à ce mal qu'elle ressentait, son incapacité à respirer et à l'idée que peut-être la délivrance arrivait. La seule capacité de réflexion qu'elle avait se résumait à : ventre, bobo, respirer, respirer, ventre, bobo, bébé... Autant dire que c'était très limité et qu'il faudrait sans doute que Séverin pallie de façon rapide et efficace à ce manque de neurones.
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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Mer 10 Oct - 16:26

Il ferma une nouvelle fois les yeux, abandonnant un soupir tout en se laissant aller au passage de sa main doucement, sur sa joue.
Il n'entrevit pas qu'elle pouvait souffrir de quelconque trouble.
Et lorsqu'elle lui retourna la question, il rouvrit les yeux, son regard bleu, sombre de la fatigue qui pulsait à présent en une persistante migraine, croisa une nouvelle fois le sien.
Cette fois ce ne fut pas la question qui retint son attention. Ce furent les grimaces, le gémissement plaintif, la crispation de Davia qu'il entrevit, avant qu'elle ne l'appelle au secours.
Il se fit plus pâle et plus alerte, se rapprochant en saisissant la main qu'il serra fort, inquiet.


- Je suis là. Dites moi ce qui ne va pas... souffrez vous ?

Sa voix trahissait l'inquiétude. Il ne s'agissait de parler de lui ou d'inexistants regrets.
L'attention était à présent toute à la jeune épouse.

Il se deplaca, sans lâcher sa main, pour mieux se caler auprès d'elle à la tête du lit, passant sa main libre dans son dos pour l'aider à se relever.
Les sourcils froncés, il tentait de réunir les informations qu'il pouvait obtenir.
La question qu'il avait lancée était d'une pure rhétorique. Il pouvait voir qu'elle avait mal. Il savait le reconnaître.
L’étreinte de sa main dans la sienne se renforça.
Les yeux naturellement vinrent caresser d'un regard alerte le ventre qui se dessinait au travers de draps.
A cet instant le renart comprit.
Le moment était arrivé.
De sa main liée a
celle de Davia il effleura pudiquement le ventre.
Il avait fait assez d'études pour savoir quels symptômes annonçaient la venue au monde d'un enfant.
Le calcul en outre était assez simple à faire.

- Gardez votre calme Davia, il faut que vous respiriez, n'ayez pas peur je suis auprès de vous...

Il posa un léger baiser sur le front de sa jeune épouse, alors qu'il avait parlé d'une voix calme pour ne pas céder à l’affolement.

- je sais que vous souffrez... ce sont les premières douleurs de l'enfantement... le moment est arrivé... vous allez mettre au monde notre enfant... Reprenez votre souffle et tentez de vous détendre, Il me faudra vous laisser pour quérir de l'aide...

Il serra sa main davantage, maintenant son dos relevé contre lui.
Il fallait qu'elle retrouve son souffle, ainsi il pourrait la laisser pour aller mander de l'aide, se sachant impuissant et inutile pour ce qui était depuis des siècles , une affaire de femmes.


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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Mer 17 Oct - 0:56

Les yeux ouverts à fixer le ciel de lit, la Blanche était d'une pâleur infernale. Elle se crispait de plus en plus souvent, à mesure qu'en son ventre l'enfançon réclamait la délivrance. Elle chercha du regard son époux, tout aussi apeurée que souffrante. Sa main serrait celle de Séverin, ne voulant plus la quitter. Elle cherchait son souffle, sans réellement le trouver. Dégluttissant, elle réussit tout de même à s'exprimer.

Ne me laissez pas, par pitié...

Elle trouva son regard et s'y perdit autant qu'elle s'y accrochait. La douleur lui vrillait les entrailles si fort, si souvent. La peur s'emparait d'elle. La peur de la mort. Combien de femmes avait-elle vu mourir en couche? Elle avait pourtant frôlé la mort bien des fois, sur un champ de bataille et, paradoxalement, cette mort là, elle ne la redoutait pas. Mais là, maintenant, toute en nage qu'elle était, le ventre dur et douloureux, elle ne voulait pas mourir, pas dans ces conditions là. Un râle exhala entre ses lèvres, elle murmura comme une prière.

Je n'veux pas mourir...

La douleur reprenait pour s'arrêter à peine le temps de lui laisser expirer sa souffrance. Elle aurait mille fois échangé sa place pour se retrouver sur un champ de bataille, elle aurait même préféré sentir cette odeur de mort qui plane une fois que le combat est terminé, ou la sueur et le sang se mêlent, cette odeur âcre qui vous prend à la gorge. Elle aurait préféré supporter mille entailles dans sa chair plutôt que cette douleur lancinante qui vient du tréfonds d'elle-même et qui l'embrase toute entière tel un déchirement puissant. Elle lança un regard clair au Volvent, contradictoire, elle voulait qu'au plus vite, quelqu'un sorte ce qui se trouvait dans son ventre et, visiblement, Séverin n'était pas le plus indiqué.

Della... Vite...

Essouflée et déjà épuisée, elle se disait que si le travail devait durer encore huit ou même cinq heures, elle en mourrait. Elle broya littéralement la main de Séverin sous le coup d'une contraction.

Kasia! Envoyez quelqu'un à Orléans.

Si elle avait du se concentrer pour dire le moins de mots possibles, elle n'en eut pas dit plus. Elle aurait voulu pouvoir aller quérir Lucie, la marraine réconfortante, la maternelle, mais Lucie était loin et cette fois, c'est seule que Davia devrait affronter l'adversité, si adversité il y avait. Mais déjà, l'idée même que Kasia soit près d'elle la rassurait grandement. Petite soeur d'infortune, sa cadette n'en était pas moins celle qui, plus que toute autre, partageait ses joies et ses peines. Elle ne l'imaginait pas loin d'elle. Et puis, à nouveau, le besoin de savoir Della proche se fit ressentir.

Courez, il arrive!

Elle admirait le calme de Séverin, il était là, rassurant, confiant et comme toujours depuis ses noces, elle était fière d'être son épouse. Elle profita que les crampes se calment pour esquisser un sourire tendre à l'attention de celui qui partageait désormais tout avec elle. Ce n'était que le commencement.
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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Mar 23 Oct - 18:16

- Vous ne mourrez pas.

La voix était ferme peut être un peu trop froide tant le renart tentait de maîtriser ses émotions et sa propre peur, la main broyée dans celle de Davia.
L'autre main sur son front dégageait les mèches qui bientôt adhéreraient à la sueur.
Non elle ne mourrait pas, cela ne se pouvait pas.
Tant de femmes qu'il avait connu avaient enfanté sans trépasser, Sa mère, Ode, Della. Il n'y avait pas de raison, bien que son naturel pessimiste le porte à la torture de l'angoisse.
Il tentait de n'en rien montrer.

Doucement il fit le geste de dégager sa main.
Elle le laissait enfin partir.
Il était pâle et souffrait autant qu'elle du spectacle désolant qu'elle offrait. Il se dégagea d'elle, l'aidant à caler son dos, un léger baiser sur son front. Il fit un pas de recul.


- Soyez forte. Tout ira bien. Je me hâte.

La démarche légèrement branlante le renart fit quelques pas vers la porte de la chambre. Une fois hors du regard de Davia il s'appuya d'une main sur la pierre froide du premier mur qui put le soutenir, l'autre venant sur sa tempe pressant la veine qui pulsait tandis que le mauvais sang le faisait souffrir à chaque mouvement, à chaque battement de coeur.

- Maturin... tenta t'il d'une voix hésitante.

Il savait le blond domestique non loin.
Depuis combien de nuits se préparait il à de tels événements ?
Il abandonna un soupir de soulagement quand le jeune homme se montra, balayant du revers de la main le regard inquiet pour y plonger des prunelles glaciales.


- Pars à Orléans, céans. Elle souhaite la présence de Kasia. Hâte toi , non attend !

Et s'il fallait également ramener une accoucheuse ? Il ne le saurait qu'en consultant Della.

- Réveille Manon, qu'elle se rende auprès de sa maitresse. Retrouve moi ici même au plus vite, je dois trouver Della.

Il grimaça à l'idée de réveiller sa cousine, mais il savait que l'alternative contraire serait entre lui et celle qui lui était aussi chère qu'une sœur de sang, matière à mésentente.
Aussi ses pas se firent aussi hâtifs qu'ils le purent lorsqu'il remonta les couloirs du donjon.
Une main nerveuse passa dans la chevelure d'un blond pâle puis le renart frappa à la porte des appartements de la maitresse de Montpipeau.


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Della

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Jeu 25 Oct - 15:35

Bien entendu, comme l'on pouvait s'en douter, Della dormait à poings fermés.
Grosse elle aussi, le nombre d'heures de veille diminuait de jour en jour et Della passait de longues longues nuits.

Elle rêvait qu'elle chassait, armée d'un arc, guettant la biche ou le chevreuil.
Cela faisait des années qu'elle n'avait tenu un arc, pourtant.
Et la seule fois où elle avait chassé, c'était pour accompagner son frère Eldwin, en spectatrice uniquement, dans les profondes forêts de Bourgogne.
Bien étrange rêve...
Dans ce rêve, on entendait un bûcheron, au loin, qui frappait la cognée sur un tronc.


Toc toc toc...toc toc toc...toc toc toc...
A moins que ce ne fut un pic cherchant un ver dans un arbre mort...ou encore...quelqu'un qui frappait à la porte ?
Hein ? Quoi ? Y a pas de porte dans la forêt !!!

Elle s'éveilla.
Un pic frappait à sa porte !
Non. Un bûcheron tentait d'abattre sa porte !
Mais non.
On frappait à sa porte.

Les yeux tout chargés de sommeil, la bouche pâteuse et les cheveux en bataille, Della s'assit sur son lit.


Oui ? Y a quelqu'un ? C'est qui ?
Rejetant les couvertures sans attendre de réponse, elle se leva et s'en alla ouvrir la porte, les yeux encore un peu fermés.

Séverin ?
Séverin mais que fais-t...?


Pas la peine de continuer la question, pas le peine de la réponse, elle comprit !

C'est le moment ?
Davia...le bébé...?!


Dans un élan plein d'émotion, Della prit son cousin dans ses bras et le serra très fort.

Ca va aller. Tout ira bien.

Lâchant alors le futur père, elle courut passer un bliaud par dessus sa chemise, ajouta un châle bien chaud et glissa ses pieds dans des sabots garnis de fourrure. Elle saisit encore son chapelet qu'elle tourna autour de son poignet et...:

Viens...

Attrapant le bras de Séverin, elle l'entraîna au rez de chaussée en frappant à deux ou trois portes en passant, pour réveiller du monde, Isandre notamment, arrivés aux cuisines, elle indiqua à Séverin catégorique :

Tu vas mettre de l'eau à chauffer, dans le chaudron, ravive le feu surtout et va chercher du bois, beaucoup de bois, on va avoir besoin de chaleur. Les femmes vont arriver, tu leur diras qu'une naissance va avoir lieu. Elles sauront ce qu'il convient de faire.
Toi, tu restes ici ou tu vas te promener mais tu n'entres pas dans la chambre. On n'a pas besoin d'hommes pour une affaire de femmes.


Della avait mis un enfant au monde mais surtout, elle avait assisté à plusieurs naissances et d'expérience, elle savait maintenant ce qu'il convenait de faire.
Remontant vite à l'étage, elle pénétra dans la chambre de ses cousins, sans frapper, Davia s'en ficherait bien de toutes façons.
Dans les douleurs de l'enfantement, plus rien n'avait d'importance, seule comptait la délivrance.

Davia, ma cousine, ma soeur, je suis là...apaise-toi.

D'autorité, Della prit place sur le lit, derrière Davia qu'elle releva aussi délicatement qu'elle le put pour la tenir presque assise.

Déjà une servante apportait de l'eau fraîche et des linges qu'elle trempa dans l'eau.
Della le posa sur le front de Davia qui semblait reprendre un peu de forces avant une nouvelle vague de douleur.


Davia, je vais délacer tous les liens que tu as sur toi, je ferai de même, cela aidera l'enfant à naître.

Della détacha les cheveux de sa cousine qui tombèrent sur ses épaules, elle délaça la chemise et fit de même avec sa propre ceinture et ses cheveux. Elle ordonna à la servante de délier toutes les tentures et de faire le tour de la pièce pour vérifier que plus rien n'était ainsi lié.

Tu vas avoir ton enfant, Davia, réjouis-toi.

Le chapelet changea de main et Della le glissa entre les doigts de Davia.

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Isandre

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Jeu 25 Oct - 17:58

Bon sang ! Mais est ce qu'il y avait moyen de dormir tranquille dans cette maison !
Elle avait l'impression qu'elle venait juste de retrouver son lit quand une main impétueuse tambourina sur son hui.
En maugréant, elle alla ouvrir pour se retrouver pratiquement nez à nez avec la Baronne qui trainait un Sire de Volvent pâle comme un linge.
Elle n'était pas proche du jeune couple, mais elle voyait Davia à chaque office et connaissait son état. Aussi, elle comprit instantanément. Le moment semblait venu.
Elle avait déjà assisté à des naissances et connaissait un peu la marche à suivre.


- Je vous rejoins Dame. Je vais dénouer ce qui ne doit pas être noué.


Se couvrant d'un châle, elle commença par dénouer sa natte puis sortit. Tentures, ornements, rubans... elle fit rapidement le tour des principales pièces pour défaire tous les noeuds. La tradition devait être respectée.
Elle repassa par la cuisine où on commençait à s'agiter et saisit un fagot de bois bien sec. La nuit risquait d'être longue puis elle rejoignit l'appartement de la future mère.

Elle n'était pas très à l'aise de pénétrer ainsi dans la chambre à coucher, mais vu les circonstances. Elle frappa discrètement et entra rapidement déposer son fardeau près de la cheminée où elle ré-activa le feu pour réchauffer la pièce.
Dame Della avait pris place auprès de la future mère qui paraissait souffrir mille tourments.
Comment une femme pouvait elle supporter tout cela par la faute d'un époux, voilà une notion qu'Isandre avait du mal à accepter. Mais ça n'était guère le moment.


- Dame Della, j'ai dénoué les liens dans la tour. Que puis je faire d'autre ?

Elle n'osait guère s'approcher d'avantage pour ne pas importuner la parturiente.
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Davia_corsu

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Jeu 25 Oct - 19:25

Se réjouir! Elle en avait de bonne la cousine!! Si Davia n'avait pas été assaillie par la douleur, elle aurait sans doute éclaté de rire. Déjà que Séverin s'était carapaté, maintenant on lui demandait de se réjouir! Ben voyons!!! Elle fit un semblant de sourire, laissant Della s'activer. Elle dénouait... la duchesse y arrivait fort bien, mais quelque chose restait noué. Etait-ce les doigts de Davia autour du chapelet? Etait-ce son estomac qui faisait du yoyo autour d'un truc énorme et douloureux? Etait-ce son cerveau qui se demandait combien de temps ça allait durer, si elle allait survivre, ce que faisait Kasia, ou était Séverin, si l'enfant serait entier, en vie, s'il ressemblerait à Sampieru, à Charles, le drame!

Une chance, Davia était de bonne composition, son seuil de douleur et de tolérance était assez élevé, donc même si elle souffrait, elle gardait le sourire et pourtant. Les cheveux dénoués, ça n'était pas une bonne idée. Les mèches lui collaient aux joues et aux tempes. Nom de Dieu, ça fait mal! N'arrêtait-elle pas de se répéter. Est-ce que toutes les mères avaient aussi mal? Est-ce que Della en avait autant sué en accouchant du petit Clément? Et la valse des questions repris son cours, mais c'est un ordre qui sortit entre les lèvres de la Blanche.


Della, sortez moi ça d'là!

Ordre, supplique, prière. Les entrailles en vrac, le quelque chose du dedans semblait lui faire la guerre de l'intérieur. Et de façon totalement incohérente, elle se mit à hurler, en nage!

Bordel! Mon épée! APPORTEZ MOI MON EPEEEEE!!!!!!

On ne livre pas un combat désarmé tout de même et comment mieux se rassurer qu'avec ce qu'elle possédait de plus cher et de plus proche.

Elle déglutit, tiraillée par une nouvelle crampe et, le temps d'une inspiration, elle se mit à prier, un murmure entre ses dents, pas du tout rassurée, les yeux accrochés à Della et Isandre. C'était un bon moment pour faire connaissance! Elle n'avait vu la jeune femme qu'à la chapelle ou dans les couloirs du château. Elle ne savait même pas qu'elle était la fille de l'illustre joaillier. Sans doute, en d'autres circonstances aurait-elle prit plaisir à discuter avec la jeune fille. Elle râla et attrapa le bras de Della.


Combien...??? Combien de temps!

Curieusement à cet instant, un souvenir éclair lui revint en tête. Un autre accouchement, en commanderie blanche, Della était présente aussi, ce jour là et la Blanche avait assisté tout à fait éberluée à l'accouchement d'une reine. Combien de temps cela avait-il duré? Longtemps, le souvenir n'était pas très précis, mais ça lui avait semblé affreusement long. L'angoisse la saisit et ses prières se tournèrent vers la Reyne Béatrice. Elle l'avait vénérée, il était bien tant que la Reyne défunte lui file un coup de main!
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Della

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Jeu 25 Oct - 21:52

Entre ses bras, la bientôt mère se tendait, soumise malgré elle aux effets de son corps qui donnait la vie et Della, avec elle, revivait les peurs communes à toutes les femmes, celle de la mort possible rodant autour d'elle et de l'enfant, attendant l'instant où l'âme et le corps viendraient à rompre leur alliance.

Le linge fut à nouveau trempé d'eau fraîche et apposé sur le front de Davia, tentative de soulagement minime mais point inutile.


Merci, Isandre.
Il faudrait vérifier que la layette de l'enfant est prête.

Ensuite, allez chercher de la noix de muscade, éternuer aide à faire venir l'enfant.
Et de l'huile aussi, j'oubliais l'huile...

Oh et si vous croisez Séverin, dites-lui que tout va bien.


Davia s'impatientait, elle transpirait abondamment, essayant de résister à la douleur, vaillamment.
Mais Della savait, pour l'avoir vécu dans sa chair, pour avoir assisté aussi, que la douleur de l'enfantement faisait chavirer la plus coriace des femmes, toutes se mettaient à un moment ou à un autre à hurler, à jurer que plus jamais leur époux ne les toucherait, qu'elles souhaitaient mourir immédiatement.

Alors, se relevant un peu et relevant de même sa cousine, Della ne voulut pas lui mentir.

Ca peut être long, Davia. Il faut du courage, beaucoup de courage.

Profitant d'un moment de calme, elle tenta de divertir sa chère cousine :

Mais que veux-tu donc faire de ton épée ?
Tu ne peux pas te battre contre ça avec une lame, voyons !

A nouveau, le linge fut posé sur le front en sueur et d'un geste tendre, Della écarta du front les cheveux mouillés.

Si elle pouvait lire les pensées, elle saurait que toutes deux avaient la même image en tête, Béatrice mettant son fils au monde...Déjà Della lui tenait la main, comme elle tenait aujourd'hui sa cousine, déjà Della tremblait pour la femme qu'elle aimait et aujourd'hui encore, la même crainte planait...Au jeu de la vie et de la mort, chacun est si fragile...Mère, enfant...La vie !



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Isandre

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Ven 26 Oct - 11:23

S'échapper ! Fuir la douleur et la souffrance qui n'était pas siennes.
Ceci dit, elle hésitait à laisser Dame Della affronter cela seule dans son état mais un ordre était un ordre.

A nouveau, elle partit dans les couloirs obscurs vers la lingerie. Une bougie brulait heureusement sur une desserte du couloir, devant la lingerie. Elle n'avait jamais remarqué que les couloirs étaient si sombres la nuit.
Elle s'en saisit et pénétra dans la pièce.
Draps, couvertures, garde robes s'alignait le long du mur de pierre.
Où pouvait bien être la layette ?
Elle finit par trouver un panier, soigneusement préparé posé dans un coin. Des langes, visiblement et des petites chaisnes. Ca devait être ça.
Panier sous un bras et bougeoir dans l'autre, elle devait présenter un drôle de spectacle en chemise de nuit, cheveux défaits et pieds nus sur la pierre glacée, mais elle devait retourner dans la cuisine chercher de la muscade et de l'huile.
Dame Della souhaitait elle préparer le bébé en ragout ?


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Manon

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Ven 26 Oct - 12:59

Comme on était bien dans les bras de Morphée. Manon s'y prélassait délicieusement, dormant du sommeil du juste, rêvant à celui qui hantait ses rêves. Ah... les rêves... il peut y arriver ce qui n'arrive jamais en vrai, c'est ça qui fait que c'est merveilleux. Manon était donc dans les bras de celui qui n'avait même pas remarqué son existence, lorsqu'elle fut désagréablement tirée de sa torpeur bienveillante. Encore sous les effets d'un demi-sommeil, elle poussa un petit gémissement plaintif en s'étirant.

Hmm Maturin...

La voix de Maturin, quelle merveille! Tout était merveilleux chez lui! Il était si beau, si intelligent, si fort, si musclé, si..... Bon, c'est sûr, il lutinait toutes les servantes du château, même celles des châteaux voisins, sans parler des filles d'Orléans, en contre partie, il n'avait même pas remarqué que la petite Manon existait, toute discrète, silencieuse et sage. Mais comment lui en vouloir à Maturin, il était si merveilleux. Et l'entendre, là, sa voix rauque et suave, dans sa chambre... Elle se redressa d'un coup, ouvrant les yeux, ahurie, regardant le jeune homme en question alors qu'elle couvrait son épaule dénudée. Se retrouver à moitié nue devant Maturin, ça c'était l'idée du siècle!

Maturin!! Qu'faites-vous dans ma chambre!!!!!! z'auriez pu frapper quoi!

Elle se frotta les yeux, joua au chaton qui sort de ses rêves, bailla, enfila un gros châle en laine et des sabots et sortit de son lit en grelottant. Ses idées commençaient à se rassembler. Sa maîtresse accouchait, il lui fallait remettre ses yeux en face des trous. Elle grogna, un peu maussade, n'osant regarder le jeune homme qui fila telle une étoile vers d'autres cieux, puis poussa un soupire d'amoureuse béate en le regardant s'éloigner.

Elle secoua sa tête pour mettre ses cheveux en place et, à petit pas, elle se rendit auprès de sa maîtresse. Un accouchement... ça s'annonçait joyeux. Elle avait beau être fille de ferme, elle n'adorait pas ce genre d'évènements, mais que n'aurait-elle pas fait pour Davia.

Silencieusement, elle poussa la porte, croisant Isandre et la saluant d'un signe de tête. Elle s'approcha de la couche, un peu penaude.


'Jour Vot'Grâce.

Elle fit un petit sourire à Della et observa Davia.

Ben ma pauv'Dame dans quel état qu'vous êtes!!!

Elle s'assit près d'elles, regardant Della faire, prenant la main de sa maîtresse et la caressant doucement pour l'apaiser. Obéissante, elle se releva et alla chercher l'épée demandée. Elle savait combien la jeune Volvent y tenait, même si elle ne comprenait pas vraiment bien pourquoi. Si c'était important pour elle, alors...

Voilà ma Dame, elle est là, tout va bien se passer!

Tu parles, elle n'en avait aucune certitude, mais l'espoir fait vivre et ça ne servait franchement à rien d'être alarmiste, même si Davia avait vraiment mauvaise mine!
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Severin de Volvent

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Sam 27 Oct - 0:28

Si le renart avait apprécié la vitesse de réaction de sa cousine le soulageant d'un grand poids, c'était un peu penaud qu'il se retrouvait à la cuisine avec les ordres de sa cousine en tête.
Maturin l'avait rejoint et il l'avait aussitôt envoyé à Orléans.
C'est alors que seul, il se trouva pris d'une panique soudaine.

Della avait dit de mettre de l'eau à chauffer, dans le chaudron... De raviver le feu, de chercher du bois... beaucoup de bois.
Sérieusement ? Etait ce la tout ce qu'il pouvait faire ?
Il voulait bien, il comprenait bien la portée de ces gestes, ils savait que cela aiderait...
Mais aussi vrai qu'il savait tenir les comptes de Montpipeau, qu'il pouvait énoncer sans mal le cout d'un fagot de bois, d'un seau et même du chaudron, il ignorait tout de ce qui pouvait bien se passer dans les cuisines de Montpipeau.

Une sueur froide glissait sur sa peau pâle, alors qu'il balayait la pièce du regard.
Il ne pouvait attendre l'arrivée des femmes, il ne pouvait pas rester là a ne rien faire, surtout que Della lui interdisait de retourner auprès de Davia.
Il la revoyait encore le visage déformé par la douleur. Son inquiétude s'en fit plus pressante.

Il trouva le feu, mourant dans l'âtre. Quelques buches étaient entreposées tout prêt. Les mains aux longs doigts fins et lisses, tachés aux extrémités par des restes d'encre se saisirent des buches qui se trouvèrent précipitées dans les braises couvertes de cendre , les soulevant légèrement.

A sa maladresse le renart écopa d'une légère quinte de toux.
Qui eut crut qu'il put se trouver si démuni.
Son mal de tête semblait s'être atténué, et le renart tacha de se concentrer davantage.
Le regard se fit à nouveau inquisiteur.
Un chaudron, de l'eau, indiquer aux femmes qu'une naissance aurait lieu.
Il savait ce qu'il avait à faire. Il le ferait.
Alors qu'il s'activait aussi vite qu'il pouvait, ses pensées convergeaient uniquement en direction de Davia.
Il fallait que tout se passe bien.
Elle ne pouvait pas mourir...

Alors que la pensée le traversait, lui arrachant un frisson d'effroi il vit entrer en cuisine la suivante de Della, Isandre.
Le regard métallique, creusé et hagard la fixa.


- Davia !? dites moi comment elle va je vous en prie... Souffre t'elle toujours ? Que se passe t'il ? Répondez! Je veux être tenu informé!

Son ton était abrupt, l'inquiétude s'y lisait aisément.
Il avait besoin de savoir.

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gabriel_de_volvent

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Sam 27 Oct - 17:54

Gabriel, pendant tout ce temps dormait du sommeil du juste également. La vie du renardeau était rythmé entre les cours avec séverin et l'entrainement avec son maistre d'arme. il ne savait si il progressait avec l'un ou l'autre comme il devrait, toujours était il qu'il avait déjà commencé à changé..physiquement du moins...ses manières étant toujours plus ou moins gauche quand même. bref, il dormait, révant de sa Blanche à lui et de cette idée de partir la suivre au combat. Point à causer avec Tonton d'ailleurs à qui il ne savait comment annoncer la chose.

alors qu'il s'imaginait dans un combat épique, sauvant sa belle qui le devorerait des yeux et qui pour une fois ne lui collerait pas un taquet derriere la tete mais un baiser passionné, un bruit le dérangea dans son sommeil
...Groumphhh!...Fut la premiere réaction du renardeau avant de se retourner...Toujours ce bruit, ça court dans les couloirs, derriere la porte en bois de sa chambre, ça cause.
Une paupière s'ouvre...il croit entendre Maturin et séverin...Une autre s'ouvre...Oh ça cause de davia? S'asseyant dans son lit, il guette les bruits de pas et de voix qui commencent vraiment à s'activer.
Y aurait il un soucis? Regard coulé vers la fenetre. en pleine nuit? mais qu'est ce que c'est que ce bordel, pas moyen de dormir ici tranquille ou bien? Se rhabillant vite fait, les cheveux en vrac et le regard dans le flou, le voila partit ouvrir la porte et regarder ce qui se trame...Un long moment de cogitation et boum, l'info vient enfin reveiller le Renardeau. Davia...elle allait accouchée! oh purée!!!

Le voila qui dévale le couloir direction ...euh bonne question...ou pouvait bien être son Oncle? arret direct en pleine course, moment de reflexion avant d'aviser une servante qui se dépeche également. echange rapide, l'info est donnée, tonton c'est dans la cuisine qu'il est...Maqué, mais pourquoi faire? La course reprend dans l'autre sens et le voila qui déboule dans la cuisine à un moment dramatique...


Citation :
- Davia !? dites moi comment elle va je vous en prie... Souffre t'elle toujours ? Que se passe t'il ? Répondez! Je veux être tenu informé!

Séverin, lui toujours si impassible semble aux proies d'émotions intenses. Un petit toussotement, histoire de manifester sa présence, un salut de la tête rapidou à isandre et le voila qui se rapproche du Tonton. Regard au renard, isandre, le renard, isandre, ses pieds..tiens il est nu pieds...Séverin à nouveau : Avez vous besoin d'une aide quleconque mon Oncle? Que se passe t'il? Y a un soucis?

Oui Gabriel semble plus ou moins présent, il est pas encore totalement réveiller et de base, lui les accouchements, il sait pas.
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Isandre

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Lun 29 Oct - 11:20

Le clan des hommes semblaient s'être rassemblé en territoire généralement féminin.
Isandre, perdue dans sa course à la muscade avait complètement oublié l’existence du mari. Toutefois, s'entendre interpellée de la sorte lui fit remarqué la présence des deux hommes dans la cuisine.


- Souffre-t-elle toujours ?

La question semblait tellement étrange. Il s'attendait à quoi l'époux attentionné ? Il était quand même un peu responsable de la situation de son épouse non ? Les hommes étaient décidément de curieuses créatures. Sous prétexte de descendance ils mettaient leurs épouses enceintes et ensuite, ils s'inquiétaient de savoir si elles en souffraient. C'était peut être un peu ... tardif... Enfin...
Balayant ses pensées d'un mouvement de tête, elle se souvint finalement des recommandations de Dame Della. "Oh et si vous croisez Séverin, dites-lui que tout va bien.".


- Ne vous inquiétez pas Messire. Tout se déroule normalement. C'est un premier, ça risque d'être un peu long.

Avisant le jeune homme qui semblait également assez inquiet, elle continua d'une voix douce.


- Sans vouloir vous commander jeune Sire, puisque vous êtes réveillé pourriez vous aller remplir un seau d'eau au puis. Il faudra pas mal d'eau chaude je pense. Il faut rajouter des buches dans l'âtre également...

Contrairement aux hommes, elle allait souvent dans la cuisine, et savait où se trouvait les épices, heureusement. Elle se dirigea vers le petit coffre de cèdre qui les abritait. Y aurait il de la muscade ? Sinon, peut être que du poivre ferait l'affaire.

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Severin de Volvent

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Mar 30 Oct - 18:16

Le renart avait laissé son regard glisser d'Isandre à Gabriel.
La vue du renardeau le soulagea et il posa une main nerveuse sur l’épaule de son neveu.


- Votre tante enfante...

Il avait murmuré les mots comme à bout de force, toujours suspendu aux lèvres d'Isandre qui consentit enfin à le rassurer.
Il soupira. Que cela soit long, il le savait, il s'en doutait bien.
Il eut pu se sentir quelque peu responsable si l'enfant avait été de son sang, mais le renart ressentait un mélange de haine envers Charles d'être la cause du mal de Davia et un sentiment d'impuissance alors qu'il se trouvait loin de sa jeune épouse dans cette épreuve particulière.

Il tira de la poche de son pourpoint son chapelet.


- Dites lui que je prie pour elle... et pour l'enfant...

Il regarda a nouveau Gabriel et hocha la tête confirmant les instructions d'Isandre alors que ses yeux imploraient, honteux d'impuissance.

- Gabriel... s'il vous plait...

Il retourna près de l'âtre pour y jeter des bûche. Il sentait la faiblesse dans ses bras, dans son corps mis a mal par la fatigue et les émotions.
Intérieurement, il priait.

Oui il priait.
Pour qu'elle vive.
Pour que l'enfant vive.
Pour que l'enfant ne ressemble pas à son père.
Pour que l'enfant ne ressemble qu'à sa mère.
Pour que Davia ait la force.
Celle de tenir éloigné le fantôme de Charles...
Pour que nul ne pose de questions sur cet enfantement faussement "précoce"...
Pour qu'il ait la force.
La force de regarder Davia dans les yeux en donnant le nom des Volvent à l'enfant.
La force d'aimer...

Il s'appuya sur la pierre tiède du foyer puis recula de quelques pas.
Il se laissa choir sur un des tabourets de la cuisine. Il avait joint les mains devant son visage.

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Maturin

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Mar 30 Oct - 18:40

Je chevauchai vers Orléans avec un sourire narquois au visage.
Loin de partager les inquiétudes de mon maître quand à l'enfantement en cours et sans pour autant me moquer de ce qu'il pouvait bien arriver à son épouse, je ne pouvais me défaire de l'image du visage rosissant de la petite Manon quand j'avais été obligé de la réveiller.

C'est pas qu'elle était laide, elle était même plutôt potable mais alors que les autres domestiques représentaient des passades sans grands risques moi, la domestique personnelle de l'épouse de mon maître restait pour un terrain à éviter, m'amusant cependant de constater l'effet que je pouvais avoir sur la jeune fille.

Malgré ces pensées pour lesquelles mon maître m'aurait bien châtié , je talonnais les flancs du cheval.
Orléans se présentait tout feux devant sur le chemin cahoteux .
Au passage je saluais quelques camarades de beuverie avant de me diriger vers l'auberge ou logeait la blanche que je venais chercher.

Alors que je passais la porte, je me trouvais happé par les bras laiteux des Marie et Berta à qui il m'arrivait de compter fleurette.


- Non non ma jolie...

J'esquivais un baiser .

- J'viens pour une autre demoiselle...

Je m’échappais donc le pas alerte jusqu'à la porte de la blanche que m'avais indiquée le taulier.

- D'moiselle Kasia ! D'moiselle Kasia, c'est Maturin... Vous etes demandée a Montpipeau ! Dame Davia est sur le point d'enfanter !

Si c'était pas assez clair et fort pour réveiller toute l'auberge, je voulais bien me faire battre par n'importe quel Volvent.
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Isandre

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Mar 30 Oct - 19:55

Peut être avait elle était un peu trop sèche. Après tout, que connaissait elle à l'amour qui pouvait unir un homme et son épouse. Seulement elle avait froid et elle n'aimait pas être réveillée en pleine nuit.
Elle finit par trouver la muscade et une petite fiole d'huile. Elle espérait qu'il y en aurait assez.
Les bras chargés, elle s'approcha du pauvre mari qui paraissait perdu dans ses oraisons.


- Je transmettrai votre message à Dame Davia Messire.
Ne vous faites point trop de soucis. Elle est jeune et vigoureuse. Je suis sûre que tout ira pour le mieux.


Se dirigeant vers la porte, elle ajouta :

- Je retourne à la chambre. Promis, je reviens vous donner des nouvelles dès que je peux.

C'était une maigre consolation, sans doute, mais au moins ainsi, elle serait utile à quelque chose.

Elle referma la porte de la cuisine, maintenant douillettement chauffée et repartit dans les couloirs glacés en direction de la chambre.
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Kasia

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Jeu 1 Nov - 23:14

Etrange matinée. Jusqu'ici, un pressentiment plutôt vague l'avait tirée du lit, comme si la journée devait être d'importance, comme si il importait d'être prêt pour que tout bascule d'un instant à l'autre. Mais pour rien. Alors elle tournait en rond depuis un moment, tiraillée entre l'inquiétude de devoir recevoir une mauvaise nouvelle - mobilisation, mort, guerre, autre.. Tout arrivait si vite en ce moment - et la tentation de se recoucher. Finalement, elle fut tirée de ses méditations matinales par des pas, précipités, à l'image de son absence de sérénité, qui venaient jusqu'à sa porte. Pour elle. Evidemment. Pour Davia, forcément.
Il devait avoir à peine fini de hurler, que la porte s'ouvrait, laissant émerger sous son nez une Kasia en train de finir d'agrafer sa cape, pour se couvrir les épaules, le temps du trajet. S'il était déjà là, s'il était pressé, il devait être monté, Maturin. Pauvre de lui.


"Merci d'être venu, trouve un cheval pour rentrer !"


Coup de vent, elle se faufile presque sous son bras pour décamper à peine la porte refermée, ayant laissé une piécette dans la main du valet. Qui allait devoir s'en contenté, car la donzelle, récemment guérie de son aversion pour la gent équine, et pressée par un cas de force majeure, n'avait pas attendu son accord pour lui emprunter sa cavale jusqu'à Montpipeau. A fond de train, sur toute la ligne, 80 miles à l'heure pour arriver à l'heure où tout avait commencé. Charles, Séverin.. Transition.
Elle avait fait la transition, elle, la môme Blanche, pour ainsi dire. Que restait-il de la Davia d'avant, entre les mains du Volvent, si ce n'était la commanderie ? Son père ? Avait-il jamais su pour Charles, c'était presque douteux. Non, si quelqu'un en savait plus qu'elle, c'était Davia elle même.. Au moins jusqu'au mariage.
Et le temps passé défile dans sa tête tandis qu'elle taille la route.
Obligée d'admettre qu'elle ne manquerait tout cela pour rien au monde, parce que Davia est plus qu'une soeur d'arme, plus que ce que lui serait une soeur de sang, comme une part d'elle même qu'elle aurait retrouvée, une famille choisie en quelque sorte. Mais pas seulement. Parce que c'était aussi l'occasion de prendre sa revanche sur Séverin, dont elle était jalouse sans jamais vraiment l'admettre pour elle même. Pour sa proximité avec Davia, pour le temps qu'il lui prenait, et pour tous ses avantages, elle n'aurait que celui là, unique. Être là où nul mari ne serait. Décidée à se battre pour s'y faire admettre.
C'est déterminée à ne se laisser arrêter par aucune force connue qu'elle démonte, et gagne l'intérieur de Montpipeau d'un pas énergique, et se guide sans trop de mal jusqu'aux cuisines. Porte ouverte à la volée, dedans, des Volvent qui semblent trop appesantis pour s'égayer au courant d'air comme les oiseaux prennent leur envol.


"Où est-elle ? Ai-je été longue à arriver ? Oh, Séverin, dites moi tout !"


Pour les bonjours, les salutations, il faudra repasser. Car dans les yeux de la Flamande, sûrement la même angoisse que celle qui traine dans la tête du renard. Enfanter n'a rien d'une partie de plaisir. C'est courir sa vie sur un pile ou face macabre pour donner la vie, cercle au vice d'autant plus douteux que l'enfant devra ensuite passer ses dix ans avant d'être vraiment viable. S'en souciait-elle ? Pas le moins du monde. Elle aurait donné la vie de bien des enfants pour assurer celle de sa soeur, si cela avait été d'une aide quelconque.
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Severin de Volvent

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Mar 6 Nov - 0:59

Le renart était enfermé dans une bulle seul avec ses prières, l'inquiétude lui rongeant les sangs.
Qui eut cru qu'il put se sentir si démuni.
L'arrivée de Kasia le laissa indifférent jusqu'au moment ou celle ci perturba Sa concentration profonde.
Il la savait proche de Davia, presque comme une petite soeur.
Cependant si Davia lui semblait si mature malgré son jeune âge, Kasia par ses manières et son attitude gauche lui rappelait beaucoup Gabriel et de fait il avait du mal à la considérer plus que comme une enfant à éduquer.

Il lui adressa un regard détaché.


- Elle vous a demandé. Rendez vous à son chevet... une servante vous conduira.

Dire tout ? que savait il ? pas grand chose si ce n'était les derniers mots d'Isandre, presque une heure plus tôt.

- Elle va bien... pour l'instant, c'est tout ce que je sais...

Il y avait aussi peu de convictions dans son ton que l'on aurait presque pu ne pas le croire.
Tout ce qu'il voulait c'est que Kasia disparaisse, elle qui avait droit à se trouver auprès de Davia alors que lui se trouvait là dans cette absurde cuisine ou il ne servait plus à rien depuis que les femmes avaient repris leurs droits.


- Partez vite, et envoyez moi Isandre ou Manon aux nouvelles... Si je ne suis plus ici, je serai à la chapelle...

Il détourna alors le regard et replongea dans ses prières.

(Desolé pour le retard, occupé IRL. )

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Davia_corsu

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Mer 28 Nov - 19:33

Au fond de son lit, la Blanche se tordait de douleur, priant tous les saints du ciel, y compris le saint Cornichon, de faire qu'elle s'en sorte et que l'enfant soit bien portant. Elle était loin de s'imaginer l'angoisse de Séverin, ni même que Kasia était si près. Elle l'espérait, un peu comme son salut, convaincue qu'une fois sa soeur présente, elle serait délivrée sous peu. Les heures passaient, c'était une véritable torture que de sentir son ventre se contracter, les douleurs ne faisant que s'accroître et se rapprocher. Le visage en sueur, agrippée aux draps. Elle lançait des regards emplis d'inquiétude à sa cousine.

Della, j'vous en supplie, faites quelque chose!

La jeune fille avait une fâcheuse envie d'hurler et de se rouler en boule. Grâce au ciel, il n'y avait pas trop de monde autour d'elle. Elle, la discrète, détestait être au centre de toutes les attentions et surtout, émettre une bruit pareil. Elle ne put pourtant, retenir un grognement.

Grrrrrrrrrr...........

Tendant la main, elle s'agrippa à son épée, l'attrapant par le pommeau et le serrant de toutes ses forces. Elle aurait voulu brandir Aeternitas, se lever d'un coup et se mettre à galoper en hurlant. Elle se sentait pourtant toute faible et se demandait à chaque fois qu'elle se pliait en quatre, si elle n'allait pas mourir. Epuisée, elle explicita sa pensée.

J'vais mourir!

Sans aucun doute, elle était extrêmement positive!
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Della

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MessageSujet: Re: Un mari ne doit jamais s’endormir le premier ni se réveiller le dernier...(*)   Jeu 29 Nov - 22:08

La sueur perlait aussi sur le front de Della.
Femme, elle savait ce que c'était de mettre un enfant au monde et son tour reviendrait bientôt aussi.
La souffrance de sa cousine ne lui était pas inconnue, hélas, elle savait que rien ne viendrait vraiment soulager la future mère avant la totale délivrance.
Après, il faudrait des jours pour que les forces reviennent et que le souvenir douloureux s'en aille.

Régulièrement, elle tapait les coussins dans le dos de Davia, les remettait en place, changeait les draps trop mouillés de sueur, essuyait les joues rouges de la jeune femme avant d'y apposer une eau de rose bienfaisante.
Serrer la main, sourire, encourager, prier, soutenir...des actions certes bien indispensables mais qui pourtant ne pouvaient diminuer la douleur.

A la supplique, Della posa une main sur le ventre qui redevenait dur comme la pierre...


Courage, Davia...il sera bientôt là. Il descend.

Della lança un énième regard vers la porte, espérant voir entrer Kasia qui peut-être arriverait à apaiser mieux qu'elle sa chère cousine.

Allons, doucement, vous allez vous faire mal avec cette épée...et vous ne mourrez pas, je vous le promets.

Tentant de cacher sa propre angoisse, Della marcha un peu dans la pièce, soulageant aussi son dos d'une position peu confortable à tenir, elle priait...que cet enfant naisse vite et bien !

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