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 [RP] Rêveries au cœur de hauteurs gothiques

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Zoyah

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Date d'inscription : 07/12/2012

MessageSujet: [RP] Rêveries au cœur de hauteurs gothiques   Mar 11 Déc - 14:21

    « Ses pointes au cœur de la Beauce désignaient un ciel sombre.
    J'étais dans l'ombre, ne voyant que la nue chargée, les champs mornes, les étendues monotones.
    La cathédrale de Chartres, silhouette sinistre dans le lointain, affligeait mon âme pragmatique.
    Les rigueurs de l'âpre saison ne m'inspiraient que tristesse.
    Autour de moi, l'espace : rien qu'un vide immense, un silence sans échos, des agitations dénuées de sens...
    L'absurde comédie des éléments où les nuages ne sont que fumée, les astres des points sans nom, l'horizon un chantier agricole arrosé par l'onde hivernale.
    Et les œuvres des hommes, des pierres vouées à la poussière. [...] »

    [Extrait – Le Chant des Flèches - Raphaël Zacharie de Izarra]


La jeune baronne confia son destrier à la robe d’un gris tellement clair qu’il se confondait avec du blanc au bon soin de son valet. Ce dernier patienterait dans le froid tout le temps nécessaire aux dévotions et aux confidences de la Valençay au Très-Haut. « Pitié, faites qu’il survive. Pitié, faites qu’il ne soit pas blessé. Pitié, faites qu’il reparte la tête haute. Pitié, faites qu’il ne m’oublie pas à Noël, ni même le jour de mon anniversaire ». Ben quoi ?! Une promesse de vin chaud à l’issue de l’épreuve aida le bon Gaucelme qui trépignait déjà à prendre son mal en patience.

La baronne passa le porche de la cathédrale et pénétra dans l’avant-nef. L’édifice était vide. Les quelques rares rayons de soleil qui parvenaient à percer l'épaisse couverture nuageuse étaient bien trop pâles pour donner aux vitraux toute la vigueur de leur éclat. Une forte odeur de cire chaude masquait celle des pierres et pénétrait dans ses poumons. L’obscurité était compromise par la présence de nombreux cierges et chandelles allumés certainement par le bedeau. Un peu de lumière au milieu des ténèbres réduisant les rares fidèles à l'état d'ombres incertaines. cette atmosphère où flottait un parfum d'encens était propice au replis sur soi-même. La petite silhouette aux formes avenantes de la berrichonne se faufila silencieusement sur les bas-côtés et remonta jusqu’à atteindre la croisée. Seul le frottement sur le sol du velours noir de sa houppelande trahissait sa présence. Ainsi, un chuchotement l’annonçait en plus de la fragrance d’eau de Hongrie qu’elle dégageait. Ses longs yeux slaves s’ancrèrent à nouveau aux vitraux un instant avant qu’elle se décide à allumer un cierge à son tour. Le tintement d’une pièce qui roule dans le tronc rompit le silence lugubre qui envahissait les lieux. Elle abandonna sa capeline, ses gants, son manchon et sa toque de fourrure sur un banc et enfin, la jeune femme s’installa lentement sur un prie-Dieu afin de s’abîmer dans la prière.

D’une piété fort tiède, elle n’avait jamais été très à l’aise avec les bondieuseries et peinait toujours à commencer ses prières. Ses vœux adressés aux cieux prenaient plus vraisemblablement la forme de méditations, de remises en question, de rêveries. Oui, elle était de ceux dont l’esprit s’égarait en des lieux fantasmagoriques au moment de l’office. De ceux qui marmonnaient le credo plus qu’ils ne le récitaient. De ceux qui fuyaient le confessionnal. De ceux qui n’ouvraient le livre des Vertus qu’une fois l’an. Ce n’est pas pour autant qu’elle n’était pas croyante. Et pour la première fois depuis longtemps, elle adressa une vraie prière au Seigneur. Des paroles sincères, motivées par des sentiments pour un homme qui l’étaient plus encore. Il était parvenu à lui communiquer son appréhension et elle tremblait déjà du sort que le destin lui réservait. Alors même qu'on clabaudait déjà trop sur leur relation, elle ne prenait pas la peine de dissimuler son émoi. Les mains d’albâtres jointes, les lèvres humides brillant doucement, l'émotion soulevant ses seins sous le velours qui les couvrait, elle se ferma à tout ce qui l’entourait.

Dehors, Gaucelme expérimentait la cryogénisation.


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Sancte Iohannes

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Messages : 15
Date d'inscription : 04/12/2012

MessageSujet: Re: [RP] Rêveries au cœur de hauteurs gothiques   Jeu 13 Déc - 6:12

    « Nous étions vingt ou trente
    Brigands dans une bande,
    Tous habillés de blanc
    A la mode des, vous m'entendez,
    Tous habillés de blanc
    A la mode des marchands.

    La première volerie
    Que je fis dans ma vie,
    C'est d'avoir goupillé
    La bourse d'un, vous m'entendez,
    C'est d'avoir goupillé
    La bourse d'un curé. »

    [Chanson historique - Extrait de [Seuls les administrateurs ont le droit de voir ce lien] (vers 1733) ]


Il lui suffit d'apercevoir la Baronne pour que le Roy ne soit pas son cousin. Au fond de la cathédrale, il la guette longuement, lui enviant la paix qu'elle peut y trouver. Au loin, malgré le calme de l'édifice, il est obnubilé par l'écho des trompettes. Zoé aspire au calme, et quelque part, c'est également son cas. Mais le temps est venu pour lui de goûter aux armes. Équipé de pied en cap, bardé de cuir et de fer, c'est d'un pas déterminé qu'il quitte les lieux pour rejoindre la lice.
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