Maison d'Amahir



 
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 [RP] "Aime-moi..."

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Davia_corsu

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MessageSujet: [RP] "Aime-moi..."   Dim 13 Jan - 19:36

[Saumur, janvier 1461]

L'année venait de commencer en beauté. Saumur était tombée sous le joug des forces royales. Les Lames d'Amahir étaient entrés dans la cité en libérateurs, mais la jeune Blanche avait le coeur lourd. L'absence pesait au fond d'elle. Elle avait réussi à faire fi de ses sentiments, guerroyant sans relâche, mais les fêtes passées auprès de ses frères et soeurs d'armes, les combats, l'attente... La jeune Volvent sentait l'acédie la ronger. Séverin, son cher époux n'avait toujours pas répondu à sa dernière lettre, elle le savait occupé, mais malgré tout, elle s'inquiétait. Peut-être leur enfant était-il malade? Peut-être Séverin ne pensait-il plus à elle?

S'en ouvrant au chef des armées, il lui concéda une permission. Elle n'en pouvait plus, son moral au plus bas. Il était grand temps. Sans même prévenir de sa venue, prenant le strict minimum avec elle, abandonnant cotte de maille et chausses contre une paire de braies et des solides bottes. Enveloppée dans une chaude cape, elle chevaucha à bride abattue.

Orléans, Orléans, chevauche douce monture que la belle retrouve au plus vite son époux.

Elle était aussi impatiente qu'angoissée à l'idée de le retrouver. Tant de jours, tant de nuits à rêver de lui. Elle le connaissait encore si peu, ce doux mari. Que cachait-il derrière ses yeux d'azur? Pourquoi revêtait-il cette carapace qui pouvait le rendre si froid?

Son angoisse la plus grande était liée à la naissance du fils de Charles, devenu officiellement fruit de son union avec Séverin. Il avait respecté sa grossesse, jamais il ne l'avait touchée, ami tendre et dévoué, mais désormais, plus rien n'empêchait leur union charnelle. Elle redoutait, elle désirait, elle ne savait plus. Elle s'était satisfaite de cette douce vie commune, de ces quelques mois passés près de lui alors que son ventre s'arrondissait. Elle appréciait cette tendresse qu'il y avait entre eux, ces silences plus parlant qu'aucune conversation.

Elle était en route et plus rien ne la retenait, bientôt, elle retrouverait son fils et son époux.


[Un peu moins de trois jours plus tard. Château de Montpipeau. Orléans.]

Aux couleurs de la Blanche, le pont-levis fut baissé. Le bruit des sabots résonnait sur le pavé. Il faisait nuit bien que, pourtant, il ne fut pas si tard. Avec élan, elle sauta de l'équidé. Elle aurait voulu courir vers eux, prendre Samperu contre elle, l'embrasser avec feu, mais elle se tempéra.

Alors qu'elle mettait pied à terre, ôtant ses gants, elle s'adressa à l'un des domestiques.


Faites moi annoncer à Messire de Volvent. Dites lui que son épouse est rentrée.

La voix était ferme. La jeune fille était devenue femme, un peu plus. Elle conduisit elle-même sa blanche monture à l'écurie, flattant son encolure, lui ôtant sa scelle. Le palefrenier ferait le reste après avoir reçu moultes recommandations de la jeune femme. Son regard se posa sur la demeure où la lumière des chandelles faisaient chaud au coeur, appelaient à la convivialité.

Elle savait qu'elle ne reconnaîtrait probablement pas son fils, quelques mois et déjà, il aurait certainement beaucoup grandi, mais Séverin... Aurait-il changé lui aussi? Se sentait-il heureux dans sa tâche nouvelle de père?

Le coeur battant, elle franchit les marches, entrant dans le château. Elle aurait pu voler jusqu'à leurs appartements, au creux de leur intimité. Mais toute crottée qu'elle était, elle resta dans le grand salon, frigorifiée, s'approchant de l'âtre. Descendrait-il l'accueillir?
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Severin de Volvent

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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Dim 13 Jan - 23:28

Aussi tard qu'il fit, le renart Volvent ne dormait pas.
Pour qui le connaissait, cela n'avait rien de bien étonnant.
Severin de Volvent ne dormait que peu.
Premier levé, dernier endormi, il passait le plus clair de ses nuits dans ses appartements, souvent à son étude, à faire les comptes de Montpipeau et Bréméan, répondant à ses correspondances, priant.

Cependant, le renart avait depuis quelques mois développé un rituel tout autre.
Une fois les prières du soir faites, le renart regagnait la chambre ou se trouvait son fils, veillé par sa nourrice. Il restait ainsi au chevet de l'enfançon de longues heures, à l'observer, eveillé comme endormi, inlassablement.

Aux heures de la journée il était l'intendant, le maître d'études pour le jeune Charles, le gardien des enfants de Della qui avaient ramené un peu de vie entre les murs de Montpipeau. La nuit venue il était exclusivement le père de son fils.

Samperu Aymé Charles de Volvent était un mélange étrange.
Son nom était à la fois une caresse et une blessure.
Son visage tenait à la fois la malicité de Davia et de l'incertitude du spectre de Charles.
Il était à la fois l'espoir et la peur, et si le renart passait autant d'heures auprès de cet enfant auquel il n'avait offert qu'un nom, c'était pour ressentir ce lien auquel le sang faisait défaut. Il voulait être le père, le vrai père.

Aucune balise ne venait l'aider. Il se rappelait à peine de Grégoire de Volvent, son père à lui. Il n'avait jamais vécu que dans le soin de sa propre existence, pourtant, il le savait au fond de lui, son existence avait profondément changé.
Par son mariage et sa promesse, il avait choisi d'ignorer le secret de la naissance de l'enfant, être d'innocence qui n'avait pas eu le choix. Et il ne regrettait rien, seulement l'absence de Davia.

Il la savait prise par son devoir, et une autre de ses promesses avait été de ne jamais s'interposer sur le chemin qu'elle avait choisi. Pourtant son absence se faisait ressentir d'une manière qui accentuait la confusion du jeune Volvent.

Lorsque le domestique était venu le trouver, le renart lui avait adressé un regard froid puis l' avait réduit au silence d'un doigt sur les lèvres. Samperu dormait.

Plusieurs secondes après , il consentit à se lever. Sa main se posa délicatement sur le ventre de l'enfant, puis il s'éloigna.
A distance raisonnable, sans un regard pour le domestique, le bleu de ses yeux toujours accroché à son renardeau, il prêta enfin son oreille.

Le regard s'était élargi quand le cerveau avait assimilé la nouvelle.
Davia était là. Il interrogea à nouveau l'homme d'un regard appuyé . Celui ci répéta en hochant la tête.

Des sentiments confus envahirent le renart qui emprunta les couloirs qui menaient au grand Salon. Il avait demandé plus de détails, était elle entière ? Sauve ? Avait elle l'air de souffrir de quoi que ce soit ?
Les réponses n'avaient pas suffi à le rassurer , sans avoir pris le temps de se couvrir davantage que de la chemise simple qu'il portait, il pressa le pas dans les escaliers menant au grand salon.

Les portes poussées il s'arrêta, accroché a la vision d'un dos, d'une nuque.
La silhouette familière découpée dans la lueur de l'âtre lui fit réaliser.
Davia était là. Enfin.

Il y avait dans son être une tension palpable , mélange d'impatience et d'excitation. La tête lui tournait légèrement autant que son coeur battait alourdissant son souffle. Sans doute étaient ce les effets de sa course entre les murs du château ...

Il prit une inspiration et dans un souffle il ne réussit qu'à l'appeler doucement.


- Davia...

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Davia_corsu

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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Lun 14 Jan - 11:41

Le temps s'était suspendu. La brune devenue orléanaise méditait, le regard rivé aux flammes du foyer, appuyée au manteau de cheminée. Ainsi drapée dans la pénombre seul son visage à la peau si pâle et ses grands yeux clairs dénotaient au sein de la nuit. Les quelques chandelles allumées n'étaient pas suffisantes pour donner à la pièce tout son éclat, et c'était aussi bien.

La jeune femme était fourbue, ses vêtements et ses bottes, crottés jusqu'au haut des cuisses par une chevauchée intempestive. Pressée, elle l'était et maintenant, elle tentait de calmer les battements de son coeur. Avait-il changé cet homme qui était son époux, dont elle était tombée amoureuse alors que rien pourtant ne les destinaient à s'unir?

Pendant sa longue absence, elle avait pensé à chaque instant du jour à son fils, ce petit être de chair si fragile, aux joues bien roses qui était le seul souvenir tangible de Charles et d'elle, qui était aussi la preuve de l'amour de Séverin. N'était-ce pas pour lui qu'il l'avait épousée le noble Volvent? Elle souffrait d'être loin de lui, de ne pouvoir le nourrir, le bercer, le câliner, de ne même plus se rappeler son odeur de bambin. Et puis, parfois, il y avait lui. Elle se laissait aller à songer à ce qu'il faisait, elle l'imaginait toujours aussi sombre et taciturne, s'occupant de leur fils. Elle rêvait de ses bras, de la douceur qu'elle pouvait y trouver, des quelques baisers qu'ils avaient échangés, si peu au final après tant de moins d'une union non consommée.

La voix aurait pu la faire sursauter, mais elle était si douce que la jeune femme se retourna, les joues rougissantes, l'écho se fit murmure:


Séverin...

Son coeur battit plus fort, elle aurait du courir vers lui, l'embrasser avec passion, mais c'est d'un pas mesuré qu'elle s'avança vers lui, celui à qui elle avait lié ses jours et ses nuits. De ses mains usées par les combats, elle prit les siennes, les pressant tout en le scrutant, comme pour le reconnaître.

Quel bonheur de vous revoir...

Elle se perdit dans son regard, comme absorbée, captivée, ils n'étaient qu'un, mais comme pour retarder l'évidence, elle retint son mouvement spontané d'aller déposer un chaste baiser sur ses lèvres. Elle se retrouvait face à une autre évidence: trop de choses à rien dire, ou... pas assez.

Mon aimé...

Le silence se fit, elle se blottit contre lui, sa main se posa sur sa joue, ne le quittant pas des yeux. Il n'y avait pas de mots, mais chaque geste avait son sens.
Elle aurait pu l'assaillir de questions, parler de lui, de Samperu, de la guerre, de Della et de Kéridil, mais là, seuls dans la pénombre nocturne, elle n'avait qu'une envie, se remplir les yeux de lui.

Elle s'approcha un peu plus, si proche que leurs souffles auraient pu se mêler. Certainement, une jeune femme convenable se serait retenue, mais elle n'avait plus envie d'être convenable.

Elle ferma les yeux, toute frissonnante, et ses lèvres vinrent cueillir les siennes. L'absence les rapprochait, elle en était sûre.
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Severin de Volvent

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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mer 16 Jan - 4:02

Le regard est alerte, car trop de questions encore se pressent dans l'esprit du renart qui découvre son épouse.
Elle lui répond, il scrute.
Va t'elle bien ?
Il peut le voir, sentir le poids sur ses épaules s'évanouir.
Elle est entière, ne semble pas affectée, et là... en un battement de cil, ses mains fraiches serrent les siennes.

Il aurait aimé les avoir tièdes , pour la réconforter, la serrer contre lui.
Froid, c'est elle qui le réchauffe et sa main sur la joue devenue brûlante finit de le subjuguer autant que les quelques mots qu'elle lui souffle.

La confusion s'estompe un instant, et un instant, rien n'apparait plus limpide.

Il savait son attachement pour la jeune blanche. L'absence lui faisait contempler la profondeur de son inclination.

Et les lèvres sur les siennes sont accueillies. Timidement, car aussi inattendues qu'elles fussent , c'est de la douceur qu'elles inoculent.

Le renart s'est laissé surprendre, et bref sans être brusque,il se détache pour la regarder encore.

Aucun mot ne s'est encore extirpé de ses lèvres. Seuls ses yeux délivrent leur abyssin message. Un mélange de peur et de bonheur.

Ses mains relâchent les siennes , l'une vient replacer une mèche venue barrer le visage, l'autre remontre le cou. La peau est tiède sous ses doigts. Est ce lui qui frémit ou elle qui tremble, il ne le sait. Il n'a pas besoin de le savoir.

Elle avait pris les devants, pourtant c'est lui qui l’emmène à présent.
Sortant de sa réserve le renart n'a pas de mots, ce soir pourtant, il s'exprime, de ses mains qui viennent entourer le visage aimé, de ses doigts qui caressent la peau. Il ne sourit pas, il est comblé.

Un chaste baiser est posé sur son front.
La Bienvenue.
Un autre sur la joue.
Le bonheur de la revoir.
Et le dernier vient sceller à nouveau leurs lèvres, ferme, ancré, étonnamment intense.
L'aveu.

Possessives sont les mains qui accaparent le visage rivé au sien, et déjà elles étendent leur empire, glissant pour la serrer contre lui.
Les paupières ferment et se serrent en une douloureuse expression, le souffle est court alors que bouches éclatées se livrent le message des coeurs à la fête.

Quand la parenthèse inattendue se ferme, front contre front les souffles goutent une pause. Le temps semble ne plus avoir d'emprise, et même le craquement des buches dans l'âtre se fait lointain.
C'est un regard qui renoue le dialogue. Un sourire. Une caresse sur une lèvre délicatement rougie.

Silencieux le renart glisse à nouveau sa main dans celle de son épouse, la serrant doucement pour l'attirer, à sa suite, dans les dédales sombres et froids du castel.


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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Sam 19 Jan - 21:55

« Je devine, à travers un murmure,
Le contour subtil des voix anciennes
Et dans les lueurs musiciennes,
Amour pâle, une aurore future ! »


Le temps s'est suspendu, il est devenu grâce.
Il n'y a plus qu'eux.

Les Blanches, la guerre, le devoir, les obligations, la pluie, le froid, il n'y a plus rien d'autre qu'eux et le silence qui s'est fait.

Leurs souffles soulèvent leurs poitrines, plus parlant que les mots, ivresse d'une communion silencieuse.

Il est beau l'Epoux, celui avec qui elle partage sa vie, il fait battre son coeur, plus vite, alors qu'il l'effleure. Elle frémit, le souffle un peu plus court, toute à lui. Elle ferme les yeux alors qu'il baise si chastement son front, sa joue, ses lèvres... Frémissement nouveau, plus intense, le coeur au bord des lèvres, le baiser est scellé.

Elle en est ébahie, l'Enamourée, ébahie de sentir la passion au creux de ses entrailles. La passion... Elle ferme un instant les yeux, un peu étonnée, croyant que jamais plus elle n’en connaîtrait le goût, les doigts se mêlent et elle le suit, d'un pas allègre.

Il fait froid à Montpipeau, un soir d'hiver. Il fait froid et pourtant, elle a chaud, elle tremblerait presque, de fatigue, d'émotion, de bonheur. Elle le suit, le regard rivé sur lui, ne quittant pas la nuque de l'Aimé.


« Et mon âme et mon cœur en délires
Ne sont plus qu’une espèce d’œil double
Où tremblote à travers un jour trouble
L’ariette, hélas ! de toutes lyres ! »


La porte est là qui s'ouvre, la douce chaleur de leur chambre, le bonheur d'être ensemble. L'huis se ferme sur leur intimité.

Lentement, la Blanche défait sa cape. Elle n'a pas la mise fière, sa pâleur rehaussée par la nuit qui fonce sa chevelure. Elle se glisse contre lui, ses lèvres cueillant à nouveau cette lipe purpurine qui l'attire tant. Le goûter, savourer ce délice sur ses lèvres, s'en imprégner, pour toujours. Elle s'en détache à regret, se laissant tomber dans un fauteuil.

De ses mains agiles, elle se défait de ses bottes crottées, il l'observe, elle sourit, rougit, amoureuse et heureuse. Pieds nus, le col de la chemise légèrement ouvert, laissant deviner sa poitrine juvénile, encore arrondie par la grossesse récente, elle semble paysanne revenant d'une longue marche, si fraîche dans sa simplicité

Elle se lève pour retrouver la chaleur de ses bras. Encore.


Vous êtes courageux, Séverin, de supporter l'odeur d'une femme de guerre... Je crains devoir vous abandonner pour me laver quelque peu, j’ai honte de vous imposer cela, mon Aimé…

Elle rougit et lui sourit, tendrement, passant sa main un peu râpeuse sur la joue émasciée. Quelle étrange chose que l’amour. Qui aurait cru qu’un jour leurs destins seraient unis ? Qui aurait cru qu’un mariage de raison finirait en amour, alors qu’elle n’était habitée que par le Warenghien et son absence, qu’elle en était sa tombe, désormais libérée, elle était prête à être une Volvent, totalement.

Après avoir réclamé de l’eau bien chaude, elle se recula, sans le quitter des yeux, elle défit lentement le lien de son ample chemise. Elle si pudique, se dévoilait
.



« Ô mourir de cette mort seulette
Que s’en vont, — cher amour qui t’épeures, —
Balançant jeunes et vieilles heures !
Ô mourir de cette escarpolette ! *»


*Verlaine, Romances sans paroles.
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Severin de Volvent

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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Sam 26 Jan - 23:54

Est ce que si on l'avait fait,
on se ferait l'effet que l'on se fait ?
Des que j'te vois...


Il l’attire elle le suit.
Les appartements Volvent s’ouvrent à eux, chauds et confortables.
Doucement il mène l’épouse chez elle.

L’épouse, l’aimée qui balaie les eclats du mur distant qui avait bâti leur mariage. Les lèvres ne se quittent plus et le renart ne recule pas. Ses mains l’attrapent à la taille, ses yeux se repaissent de son visage , il sourit , elle lui échappe.

La tête se penche pour mieux la regarder , gracieusement prendre ses aises dans le fauteuil, ôter ses bottes.
Non il ne voit pas la saleté et les affres de la guerre autant que de l’élan qui l’a conduite à lui, chez elle.

Il est le papillon face à la flamme. Tiraillé entre la fascination et la peur à moins que ce ne soit l’inverse car déjà c’est elle qui revient à lui, se lovant contre lui, caressant son être du mot aimé.

S’il reste inerte c’est que son cœur et sa tête se mettent mutuellement en garde de ce quelque chose de changé, de l’urgence qui point, celle de la sentir près de lui, contre lui.

Et déjà elle recule, telle une vague insaisissable par le sable d’une plage restée trop longtemps déserte.

Il laisse son regard accroché au sien, glisser et fixer les doigts fins qui tirent sur le lacet de la chemise qui laisse deviner ses formes de jeune mère. Il la voit se transformant doucement en l’objet d’un désir qu’il s’interdit encore.
Pourtant le papillon à la flamme ne résiste et le renart à son épouse se rappelle, couvrant de pas alertes la courte distance qui les sépare. Ses mains viennent cueillir les siennes et les doigts fins sont portés à ses lèvres.

Des que j'te vois ,
je sais que c'est toi...


Le temps une nouvelle semble se suspendre. A la ceinture l’épée est défaite. Prudent il la tire de son fourreau, fait un pas de recul et la regarde, involontairement inquiétant.


- Le courage est celui d’avoir réussi à demeurer aussi longtemps loin de vous…

Malgré le fer qui arme le bras, les mots s’habillent du velours de la voix. L’épée est remise et posée doucement sur le fauteuil.

D’un signe de la main il presse la domestique qui termine de draper le baquet du linge de bain de les laisser.

Ce soir le renart veut son épouse pour lui. Il s’autorise cet élan égoïste et à nouveau ses mains entourent le visage, glissant dans le sombre de la chevelure. Il prend une inspiration et doucement s’agenouille. Il lève les yeux et ses mains trouvent le lacet qui retiennent les braies tachées de boue et de neige collée.


- J’aimerai que plus jamais vous n’ayez à m’abandonner Davia…

Doucement il tire sur le tissu dévoilant les blanches cuisses. Sa main se pose fraiche sur la chaleur d’un mollet qu’il attire hors de la prison de tissu.

-Vous feriez alors de moi le plus comblé des hommes…

L’une après l’autre, les jambes sont libérées et les mains remontent sur la peau l’effleurant à peine. La toucher est comme toucher une relique.

J'avoue ce jeu me tue
Si tu me dis adieu...


Il se relève et retrouve déjà la douceur de sa peau par la main qui caresse la joue, le doigts qui tire sur la lèvre inférieure tandis qu’il résiste à l’embrasser encore.

- S’il vous plait…

Les mains encore nerveuses saisissent des pans de la chemise et tirent alors qu’elle lève les bras. Il sourit en la regardant émerger, les boucles retombant sur sa peau. Des yeux il suit l’arc du menton, la ligne du cou et découvre les courbes de sa poitrine.

Le renart se fait paien devant l’image d’une déesse ancienne, et sans abuser du spectacle qui s’offre à sa ferveur il revient à son visage alors qu’il la devine aussi tendue que lui. Il lui sourit et saisit sa main, l’autre venant replacer une mèche.


- Tu es si belle…

Ce vous ce je ce tu
Qui joue avec le feu
Je ne résiste plus
J'ai vu dans ton regard
Des remords disparus (*)


Il se rapproche, sans trop se serrer contre son corps nu se penche pour effleurer sa bouche d'une caresse plus que d'un baiser, dénué de toute concupiscence, il rend hommage à sa beauté avant de murmurer contre ses lèvres.

- Viens.

Il se défait d’elle, l’attire la conduisant vers le baquet, l’invitant à s’y glisser. Il lâche à regret sa main et tire les manches de sa chemise.

Le renart s’agenouille au bord du baquet et attrape l’éponge douce qu’il plonge dans l’eau brûlante.

Soudain le regard se fait absent. Comme les émois qui renaissent, ce sont les réminiscences qui émergent.

Approche Séverin… n’aie pas peur, cela ne me gène pas que tu restes pendant que je prend mon bain...
Elle n'est pas brune, ce n'est pas Davia, cette femme accoudée qui le scrute le transperce du regard, sourire malin aux lèvres...



(*) Extrait de Des Que j'te vois - Vanessa Paradis

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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Dim 27 Jan - 16:11

Là... Près de lui.

Las... le Coeur qui bat.

Il s'approche, dévot, si tendre, si doux. Elle, habituée aux gens de guerre, aux manières brusques, à la violence, elle savoure ce délicieux contraste, elle glisse sa main dans la chevelure blonde. Elle le contemple, autant qu'elle le découvre.


"Qui donc êtes-vous, la belle ?
Comment vous appelez-vous ?
Une vierge était chez nous ;
Ses yeux étaient ses bijoux.
Je suis la vierge, dit-elle.
Cueillez la branche de houx."


Vierge, elle ne l'était plus et l'instant présent ne lui rappelait que trop bien. Devait-elle avoir honte? Honte de ses péchés. Les regards s'aspirent, s'abreuvent, s'engouffrent jusque dans les affres de leurs âmes.

Et voilà l'Epoux qui s'empare de ce qu'elle a de plus cher. Entre ses lèvres, elle murmure, comme pour l'appeler :


Aeternitas...

L'épée d'Oso, cadeau de noces, rappelant les fantômes du passé. Fidèle amie, elle, si jalouse de sa lame, ne cille pas. Il est l'Epoux, il a ce droit sur ce qu'elle a de plus cher. Elle l'écoute, ne le quittant pas de son regard clair, s'imprégnant du timbre de sa voix, de la douceur de ses gestes.

Seuls. Les domestiques sont partis. Elle se retrouve seule, avec lui, et elle frémit.

A ses pieds, il l'effeuille, l'Amazone insaisissable, la Blanche, si blanche, à la peau si pâle.


"Vous êtes en blanc, la belle ;
Comment vous appelez-vous ?
en gardant les grands boeufs roux,
Claude lui fit les yeux doux.
Je suis la fille, dit-elle.
Cueillez la branche de houx."


Sa main retrouve le chemin des boucles blondes. Le souffle court. Elle entend, mais ne dit rien. Elle sait. Quelques petites heures, la chaleur de ses bras et elle retrouvera la froidure de la solitude, la brûlure des combats. Elle est sienne et pourtant, elle ne s'appartient même pas. Le sacrifice est lourd, elle le sait, elle ne l'en aime que plus encore. Il l'a prise telle qu'elle était, grosse et guerrière. Le meilleur des hommes. Ses yeux s'embuent de larmes, la tendresse lui monte aux cils.

Il ne sera jamais comblé et pourtant, ce qui le lie à lui est plus fort que tout, encré au fond de son être, au creux de sa chair, justement parce qu'il accepte ses absences, parce qu'elle est sienne au delà du temps, au delà du lieu, au delà de la présence du quotidien. A moitié nue, elle l'attire à elle, lui volant, gourmande, un baiser d'enfant.

Nue, elle est face à lui, Blanche aux joues rougies, l'azur de ses grands yeux posé sur Lui.


"Vous portez les fleurs, la belle ;
Comment vous appelez-vous ?
Les vents et les coeurs sont fous,
Un baiser les fit époux.
Je suis l'amant, dit-elle.
Cueillez la branche de houx."


Sa douceur la rassure, il apaise ses peurs, leurs bouches scellent à nouveau leur union, tandis qu'un frisson lui parcoure l'échine, à fleur de peau. Elle, si pudique, toujours vêtue de maille, Dame de fer à l'Ecu vert, se retrouve à nue, sans qu'aucunement ça ne la gêne. Sienne. Elle esquisse un sourire.

Légèrement, elle tourne la tête, le coeur bondissant. Une pensée. Le fils, leur fils, dort-il? Peut-elle ainsi profiter de son époux alors qu'elle n'a même pas salué son enfant? La douce voix de l'aimé la rassure à nouveau pourtant. Sa main effleure son bras alors qu'à nouveau il s'éloigne.


"Vous avez pleuré, la belle ;
Comment vous appelez-vous ?
Elle eut un fils, prions tous,
Dieu le prit sur ses genoux.
Je suis la mère, dit-elle.
Cueillez la branche de houx."


Elle le suit, s'approchant du baquet fumant, un frisson lui parcoure à nouveau l'échine, la brune se mord les lèvres, une présence...

Elle ferme les yeux alors que son corps se glisse, félin, dans la chaleur de l'eau, sa bouche se fait sulfureuse, exhalant le plaisir des vapeurs, la douceur de l'onde.

Elle frémit et s'assied, se calant, passant une main dans ses cheveux avec une grâce qu'elle ne se connaissait pas.

Un rire étrange s'échappe de ses lèvres.


"Vous êtes pâle, ma belle ;
Comment vous appelez-vous ?
Elle s'enfuit dans les trous,
Sinistre, avec les hiboux.
Je suis la folle, dit-elle.
Cueillez la branche de houx."


Le regard qu'elle lui lance est empreint de désir, sa langue vient pourlécher le carmin de ses lèvres, elle s'accoude, sourire aux joues. Elle le scrute, elle le sonde.

Davia...

Est-ce elle, cette femme étrange à la volonté de fer qui tient en joue de son regard l'objet de son désir? De sa main, elle effleure son sein, sans le quitter des yeux.
Où est-elle la petite fille effarouchée qui s'éveillait au désir entre les bras d'un hospitalier? Où est-elle la jeune fille méfiante envers tout homme? Où est-elle, la guerrière, l'Esquire Blanche aussi froide que malicieuse? Où est l'épouse, la chaste femme aux sentiments refoulés?

La main se tend, le corps longiligne se cambre assez pour qu'il devine la courbe de ses seins, la lippe vorace, le regard brûlant.


Approche...


Davia! Ce n'est pas toi!

"Vous avez bien froid, la belle ;
Comment vous appelez-vous ?
Les amours et les yeux doux
De nos cercueils sont les clous.
Je suis la morte, dit-elle.
Cueillez la branche de houx.*"


Elle sourit, se calant sur ses deux bras, tendant une jambe fine et blanche, l'autre demeurant immergée, elle pose son pied mignon sur le rebord du baquet et ne le quitte pas des yeux, ce rictus étrange étirant ses lèvres, nonchalante.

Lave-moi...

Le ton n'est pas royal, il est impérieux. De reyne, elle se fait souveraine. Obéira-t-il l'Epoux, le presque amant qui règne sur son coeur?


* Victor Hugo, Toute la Lyre, La chanson du Spectre.
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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mar 19 Mar - 21:32

Severin_de_volvent a écrit:
Quel émoi devant ce moi
Qui semble frôler l´autre,
Quel émoi devant la foi
De l´un qui pousse l´autre...


Il ne l'a pas entendue demander de s'approcher.
Il est déja là, aussi près qu'il puisse être.
Il émerge quand elle ordonne.
Le ton est impérieux et elle si différente et un instant il en est effrayé.

Le regard est confus autant que l'esprit encore troublé des réminiscences.
La jambe blanche est tendue devant lui, il la regarde, la poitrine tendue , le regard brillant, la lèvre confiante. Pourtant en face de lui c'est Davia, pas la dame qui hante son esprit.

Au creux du ventre du renart les muscles se contractent d'un désir naissant.
Sans plus se poser de questions, il se laisse gagner par la fièvre de l'instant.

Il saisit l'éponge et d'une main caresse la blanche jambe sur laquelle il fait glisser doucement l'onde chaude .
Le savon vient masser doucement la peau sur laquelle court ensuite l'éponge frottant doucement la peau.

Il ne la quitte pas des yeux. Belle autant que dangereuse, le renart le sait à présent pourtant il ose, choisit le chemin obscur que longtemps il a fui.

L'éponge crache une eau tiède et la main du renart plonge pour pécher la seconde jambe qui subit le même traitement.
Les orteils sont délicatement frottés devinant la chatouille ainsi créée. C'est amusant. Est ce l'euphorie qui lui tourne la tête ou le sentiment de liberté qui relaxe le renart des apparences qu'il sait si bien maintenir, il sourit, puis doucement se penche, soufflant doucement sur la peau mouillée, ses lèvres effleurant les orteils d'un baiser.

Mais qui est l´autre ?
Quel étrange messager
Mais qui est l´autre
Ton visage est familier...


Le renart abaisse les jambes dans l'eau. Ses yeux se rivent à ceux de Davia, brûlant d'une flamme de plus en plus vive.


- Ainsi amour?

Lui demande t'il , l'ombre d'un sourire aux lèvres, alors que déja il contourne le baquet pour se trouver dans son dos.

Son souffle doucement taquine la nuque dont il soulève la chevelure. Un baiser y est déposé, remontant dans son cou.
L'éponge est immergée alors que de ses deux mains il l'entoure. L'eau doucement est crachée sur les épaule.

L'époux lave, comme demandé, frotte plus fermement la peau du cou, glissant sur l'insolente gorge, glissant sur la poitrine ferme et rebondie joliment offerte qui subit le même traitement.

Le souffle du renart se fait lourd contre l'oreille amie.


- Là ?

Le temps semble couler en de fins grains dans un sablier géant. Le renart prend son temps. Entre ses mains et la peau, le savon et l'éponge, le corps de son autre est consciencieusement lavé. Elle a ordonné, c'est lui à présent qui mène.
Il se fait ferme autant que doux.

Le bain bruit des bulles de l'éponge qui s'enfonce, plus loin, caressant le ventre avant d'émerger.
Là le renart laisse courir ses doigts fins. Il tâte un ventre plat, glisse plus loin...

Toi et moi du bout des doigts
Nous tisserons un autre
Un autre moi, une autre voix
Sans que l´un chasse l´autre,
J´ai dans ma mémoire mes faiblesses
Mais au creux des mains
Toutes mes forces aussi...(*)


Dans le cou qui exhale des odeurs de saponaire, le renart pose de chastes baisers, remontant la courbe gracile du cou de concert avec sa main qui se fraie un chemin entre les cuisses de la Blanche.


La main s'arrête, le renart se fige...

Tu peux me toucher Severin... Là... oui là, touche moi, les femmes aiment quand on les touche là Séverin... Doucement... Tu devras toujours être doux m'entend tu?

Le renart cligne des yeux, revient à la réalité, réalisant le passé encore encré trop profondément en lui. Pourtant dans un présent si intense et réel, il ne veut reculer.

- La ? Davia...

Dans la voix, l'appel à la délivrance d'une torture, celle d'une lutte intérieure qu'il veut bien concéder. Une victoire aux sens et à l'oubli de soi.

(*) Extraits de l'Autre - Mylène Farmer.
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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mar 19 Mar - 21:36

"Rien ne desserrera nos mains
Rien n’éteindra l’éphémère
Nous forcerons nos destins
Nous perceront les mystères.*"


Les yeux clos, le souffle devenu plus court, saccadé, la Blanche profite, elle savoure. Après des jours à chevaucher, après avoir combattu, dormant sur un sol dur et froid, rompue à la fatigue, le corps tendu par trop de veilles, là, elle sent ses muscle se détendre, cela avait un goût de divin.

Séverin était d'une tendresse extraordinaire, il éveillait chaque parcelle de son corps au désir, à cette flamme oubliée, quelle ne pensait plus jamais connaître.

Sa voix douce la tire de sa délicieuse torpeur, elle le regarde avec amour, toute frémissante de plaisir, sourire au coin des lèvres.

Il est là tout près d'elle, elle peut sentir son souffle, elle en frémit la Blanche, sa peau se hérisse, ses joues s'empourprent. Elle tremble légèrement sous le baiser et se cambre sous la caresse habile, peau diaphane. Il est doué l'Epoux, faisant naître ce qu'elle avait noyé, perdu au fond d'elle, l'ivresse de l'envie, alors qu'il devient maître, il impose la danse autant que la cadence.

Elle le laisse faire, les yeux mi-clos, les vapeurs du bain l’assommant à demi, les seins dressés sous les caresses tendres, jusqu'à...

Vénus se fige autant que l'Apollon et dans un râle, elle murmure.


Dieu... oui...

La réponse est sortie malgré elle, aveu, supplique, prière pour une armistice, celle de la pensée, de la raison. Le fantôme du défunt amant est toujours là, bien présent, celui qui l'a fait femme. Elle pourrait en pleurer, elle voudrait oublier et le geste de son mari exacerbe un peu plus ses sens, l'esprit sombre alors que sa main vient se poser sur la nuque de l'Epoux et que dans un gémissement, elle l'appelle.

Séverin...

Qu'il vienne donc et la fasse sienne pour qu'à jamais leurs corps soient scellés, pour balayer la douleur, la mort, les blessures et pour ancrer la vie en elle. L'amour qu'elle lui porte a toujours été doux, serein, raisonné autant que raisonnable et là, alors qu'il glisse sa main entre ses cuisses, il n'y a plus de raison, il n'y a plus de sérénité, juste la passion, le feu qui brûle et l'envie d'être sienne, totalement.


"Sous la lumière en plein
et dans l'ombre en silence
si tu cherches un abri
Inaccessible
Dis toi qu'il n'est pas loin et qu'on y brille.**"


* Damien Saez, A ton sourire.
** Noir Désir, A ton étoile.
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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mar 19 Mar - 21:39

Severin_de_volvent a écrit:
A sa permission, tendrement sussurrée, la main glisse, s'empare du sacré, consciencieusement, caresse autant que lave.

Contre elle, il ressent la tension qui les anime. Pour la première fois, ils sont homme et femme, Davia et Severin dans les méandres de leurs fantômes respectifs.

Le geste est sûr, maîtrisé. Les paupières se closent. C'est une autre qu'il voit. D'autre temps ou usé aux caprices d'une amante, il s'était donné corps et âme.

Pourtant il y a quelque chose de différent dans la tendresse de Davia, dans la caresse de sa main sur sa nuque, dans la tension de son corps entre ses doigts. Le renart y prend gôut, se délecte de la musique du corps qui se fait instrument. Ce n'est qu'en sentant l'eau refroidir qu'il en revient au bain.
De légers baisers viennent se poser sur le cou.

Nerveusement les mains se rétractent, viennent saisir le poignet de Davia pour se défaire doucement de son étreinte et se relever, la tirant dans sa montée, les mains telles des menottes sur les poignets retenus alors qu'il la regarde, de ses yeux abyssins.

Doucement il relâche l’étreinte, libère ses bras, puis se détourne pour saisir un seau d'eau tiède qu'il verse doucement sur ses épaules, rinçant ainsi le corps pour parfaire le bain qu'il s'est engagé à lui donner.

Il repose le seau lui sourit et se penche pour embrasser doucement ses lèvres et l'inviter à sortir du baquet.

Le linge de corps blanc est ensuite saisi puis passé autour des épaules, épongeant l'eau , ses yeux fixés à chaque goutte perlant du cou à la pointe d'un sein, pour mourir en un sillon sur le ventre.

Sous le couvert de la serviette, le renart caresse plus qu'il n'essuie, puis tel un enfant las du jeu, il rejette la serviette, la bouche entrouverte en un souffle encore maîtrisé mais hésitant, il se mord doucement la lèvre inférieure.
En un pas vers elle il réduit considérablement la distance entre son corps nu et le sien, tendu, peu assurée. Pourtant c'est d'une voix ferme légèrement rauque, qu'il murmure penché à son oreille des mots empreints d'un désir dont il n'a même plus honte.


- Je brûle de t' embrasser Davia... Et plus encore... Sois mienne...

C''est lui pourtant qui s'offre, se serrant contre elle, l'invitant ou l'autorisant à le toucher ...
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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mar 19 Mar - 21:41

" L'amour est le désir d'être aimé. "
Jean Giraudoux - La folle de Chaillot


Quel étrange époux. Si différent d'elle, silencieux, mystérieux, tout en retenue... Elle l'a choisi pourtant, cet Autre. Nu, elle le contemple, rougissant légèrement, et alors qu'elle sent le corps mâle s’alanguir sur le sien, elle frémit. L'envie... le désir...

Je te veux, prends-moi. Elle le pense si fort, mais aucun son ne sort de ses lèvres. Elle en connait peu sur les choses de l'amour. Les récits indécents d'une mère allant de rivages en rivages qu'elle a voulu occulter, le plus longtemps possible. Le souvenir de quelques caresses éphémères, les restes d'un amour défunt, frémissant et délicat. Elle ne sait rien finalement, que le peu que toute femme doit savoir: Etre disponible pour son époux, en tout temps et en tout lieu.

Elle est disponible, pour lui, mais elle le veut aussi, soulagée et effrayée de ressentir ce désir. Les corps se frôlent, se pressent un peu plus intensément. La chaleur monte. Elle se cambre, le souffle court, les yeux clos, ses mains prennent possession de ce corps inconnu, les doigts glissent et viennent effleurer son dos, elle sent les cicatrices et s'en étonne, rouvrant les yeux et l'observant plus intriguée encore. Le mystère autour de lui devient plus opaque. Qui est-il cet homme à qui elle s'est liée pour toujours. Comment un fin lettré, homme d'organisation et d'une famille aisée peut-il avoir de telles cicatrices lacérant sa peau?

Elle souffle sur sa peau, s'accoutumant à cette odeur, qu'elle connait déjà un peu, mais si peu... Un baiser, les bouches s'unissent, s'enivrent. Elle frémit et ses seins se dressent sous la caresse tendre, elle s'enroule autour de lui, longues jambes s'étirant autour du corps malingre. Elle le sent, là, tout près. Il est chaud et dur et sa bouche est divine, fraîche et tendre...

Son bassin ondule doucement, l'appel à l'union, le cri du désir. Elle apaise et rassure en le caressant du bout des doigts, les petits bourrelets des chairs meurtries, elle les imagine sur ce dos qu'elle ne peut voir et elle les aime chacune, stigmates d'un mal qu'elle ne connait pas, elle les aime parce que c'est lui et parce qu'il est son choix, son tout.

Elle se cambre à nouveau, féline, lui offrant sa poitrine fièrement dressée, passant une main dans ses cheveux, resserrant à nouveau ses cuisses contre lui. Qu'il soit roi au creux d'elle et qu'enfin l'union se consomme.
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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mer 3 Avr - 1:04

Severin_de_volvent a écrit:
A mesure qu’il poursuit le tendre vagabondage de ses mains, de ses levres et de son souffle sur le corps offert, les sens exacerbés du renart, le rappellent à la vie.
Le désir prend forme, tiède et brulant, aussi ferme que doux . Il abandonne un souffle rauque, tendu autant que frémissant à la caresse des mains qui déchiffrent les marques sur sa peau , tentant d’en percer le mystère.

Le renart se fige comme il sait le faire.
Il ressent encore l'angoisse, ses paupières un instant se ferment. Le visage se crispe d'émotions en d'envies contradictoires autour de ces marques, autant de taches sur une existence salie que Davia ignore.

En les rouvrant, ses yeux plongent dans les siens. Il devine les questions, tait les réponses, n’offrant que des abysses, et une invitation à s’y noyer.
Du bout des doigts il caresse la marque laissée par le crucifix serti de saphirs qui pend à son cou entre Davia et lui. Avec fascination il l’observe et son esprit y trouve un signe, il sourit, tandis que les corps se meuvent.

Il prend ses appuis, elle cambre les reins ouvrant la voie. De ses mains il emprisonne les siennes, les plaque sur les draps alors que son visage se penche vers le sien. Le baiser est le premier acte d’abandon, la lèvre est mordue au moment où il s’encre en elle dans un gémissement rauque.
Son être entier tremble tandis que son souffle incontrôlable meurs contre les lèvres de l’aimée.
Le visage glisse, se niche dans le cou, les mains crispées, s’agrippent à leurs jumelles comme pour ne pas sombrer, pas encore.

Commence alors le ballet mystique, le sacré des corps qui s’emboitent, lentement. Si l’expérience n’est pas inconnue, elle se joue au rythme des premières fois, lent et langoureux, pour ensuite se caler au tempo des battements de cœur, du désir qui embrase, de l’oubli de soi.

Aime moi, lui murmure t’il quand c’est lui qui la prend.
Davia, souffle t’il, transi, Davia , gémit il submergé, Davia, implore t’il enfin...
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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mer 3 Avr - 1:05

"Sur ma couche, la nuit, j'ai cherché celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé!
Je me lèverai donc, et parcourrai la ville. Dans les rues et sur les places, je chercherai celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé!
Les gardes m'ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville : " Avez-vous vu celui que mon cœur aime ?*"

Souffre, feu, lave. Le désir l'enflamme. Pourtant rien d'interdit dans ce don là. Il est son époux, plus encore, c'est un devoir, c'est soulagée qu'elle l'accomplit. Elle le désire, il la veut. Leur coeur à corps en devient plus passionné.

Si vite elle devient sienne. L'union semble si évidente, il se coule en elle, vaillant mât se fondant entre ses chairs. La danse devient lascive, les lèvres soudées. Il l'étreint plus fort, elle est sa prisonnière, sa femme, son amante, son amie, son tout. Les jambes s’enroulent et les bras s’ouvrent pour mieux se refermer sur Lui, l'Autre, le Sien.


"Qu'il me baise des baisers de sa bouche !
Car ton amour vaut mieux que le vin,
Tes parfums ont une odeur suave;
Ton nom est un parfum qui se répand;
C'est pourquoi les jeunes filles t'aiment.
Entraîne-moi après toi!
Nous courrons!**"


Le regard qu'elle lui lance est sans équivoque. Elle sait tous les sacrifices qu'il a fait pour elle, elle sait l'attente, elle sait la peur, et là, entre ses bras, elle sait le désir. Qu'il est bon d'aimer et d'être aimée. Les paupières se closent comme pour retenir le bonheur d'être sienne. Entre ses lèvres, un murmure:

Encore...

Encore Séverin. Montre lui comme tu l'aimes, montre lui ton désir, montre lui qu'elle est tienne autant qu'elle t'appartient. Encore, marque ses chairs, imprime toi en elle, jusqu'au plus profond, jusqu'à l'accomplissement.

Le corps se tend encore, ses yeux brûlants se posent sur lui. Le dévorent.
Les lèvres gonflées s’entrouvrent, cherchent l’air.
Là, blottie entre eux, les battements affolés de leur passion frappent en rythme et les appellent.
Ne pas les entendre et les obliger à attendre…
Se perdre dans ses yeux, souffle contre souffle.


Aime-moi…


* Cantique des cantiques, III, 1-3.
** Ibid, I, 1-4.
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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mer 3 Avr - 1:06

Severin_de_volvent a écrit:
L'époux besogne, remplit un délicieux devoir qui fait renaître en lui l'homme, l'amant.
Il gémit celui qui va et vient, labourant le ventre de son aimée.
Il souffle, perdu dans les parfums de sa peau, collé à son cou, chatouillé de sa chevelure.
Il la regarde, communie avec elle, et leurs yeux se font de brûlants aveux.

Encore. Il avance les reins.
Encore. Plus vite , plus fort.
Encore. Il l'aime, comme il désire être aimé.

Lové entre les bras de son amante, il retrouve jeunesse, il retrouve ardeur.
Des lèvres il n'a qu'une envie, l'embrasser encore, à n'en plus s'arrêter.

Prisonnier des instincts trop souvent refoulés, trop mal exprimés, trop peu aimés, le renart s'oublie un instant au creux de celle qu'il a choisie et qu'il fait à présent sienne...

Tu es mien... c'est ainsi que je t'aime, à mon être abandonné, enchaîné a mes désirs, esclave de mon plaisir...

Il lutte éperdu contre les réminiscences d'une jeunesse volée mais dont il conserve les acquis.
Amant avisé que de la chair nait le plaisir, c'est patiemment qu'il l'emmène, son autre, aussi loin que permis, aussi loin qu'il peut tenir, car déjà son corps s'embrase, douloureusement ses muscles appellent à l'abandon, à la jouissance qui l'enveloppe.

Le corps alors signe la rémission aux sens qui explosent. Contre elle, il se laisse aller à l'ultime vulnérabilité, la dans ses bras, il est l'homme, il est l'enfant...
Il pourrait en pleurer le renard, tremblant, caché contre la chevelure de sa maîtresse.

[Ouvre tes mains, et prends ce livre : il est à toi.
Ce livre où vit mon âme, espoir, deuil, rêve, effroi,
Ce livre qui contient le spectre de ma vie,
Mes angoisses, mon aube, hélas !]
*


[* Hugo - A celle qui est restée en France ]
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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mer 3 Avr - 1:07

Comment l'expliquer? L'amour revêt mille visages. Elle a connu la douceur du premier amour, elle goûte la tendresse du mariage. Comment expliquer qu'un mariage de raison puisse se parer d'autant de tendresse. L'amour est là. Certes, ce ne sont pas les affres de la passion, le danger de la luxure, mais la merveille d'une union sacrée et consacrée.

Encore. Ils ne font qu'un.
Encore. Il prend possession d'elle, plus fort, plus vite.
Encore. Elle l'aime, communiant à lui d'un baiser incommensurablement tendre.

Leurs corps exhalent les senteurs de l'amour, collée à lui, offerte, elle se fait femme, féline. Elle n'est plus la jeune fille qu'il a rencontrée en la Sainte Chapelle. Les yeux se ferment, elle goûte l'abysse dans lequel elle se perd. Un doux plaisir gronde en son ventre.

Épuisée par la fatigue de la guerre, des longues chevauchées, elle s'arrime au corps de son amant, ondulant sous la saillie Séverinienne. L'esprit s'évade. Plus de peurs, plus d'angoisses, l'instant est parfait: instant d'amour, instant de joie.


Pour ce soir, fais moi une cage avec la grille de tes bras...*

Le souffle court, elle l'accueille au creux d'elle. Elle le contemple dans toute sa beauté. Son visage si pâle, ses grands yeux clairs où elle se perd si souvent. Une mèche blonde vient caresser sa joue, la faisant sourire en même temps qu'elle soupire. Le doux plaisir de lui appartenir et d'être sienne, corps et âme. Nuit de noce tardive, elle comprend en cet instant toute la sensualité de la Lune de miel. Un rayon éclaire la pièce alors qu'elle sent le miel en elle.


Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt,
Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes.
J'ai désiré m'asseoir à son ombre,
Et son fruit est doux à mon palais.
Il m'a fait entrer dans la maison du vin;
Et la bannière qu'il déploie sur moi, c'est l'amour.
Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins,
Fortifiez-moi avec des pommes;
Car je suis malade d'amour.
Que sa main gauche soit sous ma tête,
Et que sa droite m'embrasse!**


Sa main se pose sur son visage, elle contemple celui qui est devenu le compagnon de sa vie, celui avec qui désormais, elle partagera tout, tout... Elle lui sourit avec malice, ancrant son bassin contre le sien, savourant la paix qui revient après l'étreinte passionnée. Sa poitrine se presse légèrement contre le torse masculin, son coeur battant encore si fort, si fort, pour lui.

* Francis Cabrel, L'instant d'amour.
** Cantique des cantiques, II, 3-6.
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MessageSujet: Re: [RP] "Aime-moi..."   Mer 3 Avr - 1:10

Severin_de_volvent a écrit:
Il la regarde, lui dont le regard se fait fuyant.
Sa main sur son visage, il clôt les paupières goutant la béatitude de l'instant.

Ce soir il se marrie à nouveau. C'est une nouvelle fête, celle des corps et des sens , des coeurs battant à l'unisson s'échangeant les vœux, des âmes qui se rendent l'une à l'autre, fragiles et vulnérables.

[Après l'amour, quand nos corps se détendent
Après l'amour, quand nos souffles sont courts]


Il rouvre les yeux, la regarde sourire. Il ne sait pas lui rendre pareil sourire, son visage est celui de l'enfant effarouché.

Il est heureux, il voudrait lui dire, pourtant au seuil de ses lèvres se pressent ses peurs, car déjà il sait qu'il aime d'amour, de l'amour sans partage, sans merci, de cet amour qui jadis le fit souffrir mille morts.
Il pose un ultime baiser, chaste et tendre au coin des lèvres de l'épouse désormais amante.

[Après l'amour, nous ne formons qu'un être
Après l'amour, quand nos membres sont lourds]


Doucement il glisse hors d'elle et épuisé pose la tête sur la poitrine ou il peut entendre cogner le muscle que son doigt pointe et caresse machinalement avant de l'enlacer de ses bras.

Il y a son odeur qui l’enivre, et ses bras dont il goute la douceur, le renart se sent enveloppé d'une félicité qu'il avait crue perdue à jamais.


- Ne m'abandonne pas... jamais.

Les mots sont soufflés, murmurés, presque inaudibles.
Le corps lourd sur celui de son aimée,le renart sombre sans résistance au juste sommeil.

[Au sein des draps froissés
Nous restons enlacés
Après l'amour]



* Charles Aznavour "Après l'amour"
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