Maison d'Amahir



 
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 [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame

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Della

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MessageSujet: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Lun 17 Juin - 20:58

Della a écrit:

    J'ai besoin de vous, en Orléans.

C'était à peu de choses près, les paroles de Kéridil.
C'est en tout cas ce que Della avait souhaité entendre et retenir, son époux avait besoin d'elle. Cet appel à l'aide - car oui, elle le voulait ainsi - l'avait rendue heureuse, elle qui depuis des semaines se battaient pour que le couple Amahir-Euphor retrouve un semblant de stabilité et de bonheur.
Chacun était allé voir ailleurs si l'herbe était plus verte, ce qui valait à Amahir, un bâtard qui peut-être était roux - quelle horreur ! Et chacun était revenu au nid, faisant profil bas et tentant de recoller les morceaux. Ca avait l'air de fonctionner puisque le dernier petit courrier de Kéridil à son épouse était la proposition d'agrandir la famille avec un nouvel enfant.

Sans l'ombre d'une hésitation donc, Della avait fait préparer les malles, une fois de plus et le départ avait été organisé en deux temps et trois mouvements, les enfants dans le carrosse avec Isandre, Della et Séverin à cheval avec la garde...Oui, voyager avec quatre gamins, non merci, faut pas pousser non plus !

Le chemin le plus court était le chemin qui traversait le Berry.
Soyons fous et...traversons le Berry ! Puis si jamais on était mis en procès, on ferait risette au Poilu en rappelant qu'on était la fille adoptive d'Angélyque...A coup sûr, ça marcherait ! Mais en fait, en Berry, il ne se passa rien...Tant mieux !

Voici qu'on était arrivé en Orléans et que il fallait aussi traverser le Duché puisque Chartres, ce duché que son époux ne savait gérer, avait failli ruiner le couple !
Mais, il faut avouer que Chartres et ma-gni-fi-que, somptueux, majestueux...un duché à l'image de Kéridil...

C'est en fin d'après-midi que le carrosse aux armes de Seignelay pénétra dans la ville et se dirigea vers le château où les gardes - bien trop nombreux, voilà où filait l'argent - tentèrent d'arrêter la petite troupe.
Il faut dire que la Duchesse n'avait pas séjourner très longtemps ici, le temps d'un tournoi de joutes, au baptême de Clément qui accusait maintenant six ans.
C'est pourquoi Della ne prit pas la mouche et après avoir sourit à Séverin, son cher cousin, elle expliqua aux gardes zélés :


Faites annoncer la Duchesse de Chartres à mon époux, je vous prie et veillez à ce que les enfants et mes gens soient accompagnés immédiatement dans mes appartements.

La surprise se lut sur le visage des gardes qui n'attendirent pas longtemps avant de s'en aller répondre aux exigences de la Renarde.

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MessageSujet: Re: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Lun 17 Juin - 20:58

Isandre.watelse a écrit:
Encore un voyage organisé à la dernière minute, encore des malles, encore des routes défoncées et encore le dos en compote !

Ca faisait longtemps qu'elles n'avaient pas bouger et la demoiselle de compagnie aurait apprécier de profiter du printemps à Seignelay, mais c'était sans compter l'activité débordante de la duchesse.

Orléans en plus ! Cette ville plate et humide en bord de Loire avec sa cathédrale pleine de courants d'air ! Isandre n'appréciait guère cette ville où elle ne connaissait pas grand monde et où prier mettait votre santé en péril.

Enfin, quand il faut y aller....

L'accueil était plûtot froid en plus. Les gardes ne les reconnaissaient même pas.


- Dame Della, allons nous résider longtemps chez Monseigneur votre époux ? Ces gardes me semblent bien peu accueillants...

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MessageSujet: Re: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Lun 17 Juin - 20:58

Della a écrit:
Ah, Isandsre !
Isandre...comme elle était précieuse, cette damoiselle de compagnie...Avec le temps, les deux femmes avaient tissé une relation amicale qui autorisait la franchise.
Isandre avait raison, une fois encore.
Della se sentait étrangère à Chartres, un cheveu dans la soupe en quelque sorte.
Est-ce que cela venait de l'animosité que Lexhor avait développée à son encontre, entraînant dans sa suite tout l'Orléanais ? Ou était-ce seulement du à la rareté de sa présence ?
Quand Kéridil était à Seignelay, elle veillait toujours à ce qu'il s'y sente bien, qu'il y reçoive tous les égards lui étant dus. Elle savait que certaines personnes de la mesnie n'appréciait pas la Fouine trop taciturne mais jamais rien n'en paraissait car elle estimait que son époux avait autant de droits chez elle qu'elle-même.
Ici...ici...on ne pouvait en dire autant.
Les gardes, on pouvait leur pardonner leurs regards interrogatifs...

Une boule serra la gorge de la Duchesse !


Faut-il que j'aille moi-même au devant du duc ou daignera-t-il venir nous accueillir, ses enfants et moi ?

Hé oui, la patience, Della la trouve très précieuse et donc, elle n'en use qu'avec modération.

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MessageSujet: Re: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Lun 17 Juin - 20:59

Keridil a écrit:
Belleuuuh qui tient ma vie captive dans tes yeuuuux, qui m'a l'âme ravie d'un sourire graci...

Votre épouse, votre Grâce.

...eux.
T'a-t-on dit, Tripotin, de ne jamais déranger un homme au beau milieu de sa complainte ?

Mais votre épouse...

Oui bon quoi ? Non, pas mon épouse. Mon épouse elle tiendrait plutôt ma vie captive dans sa bourse, dont elle est proche. Et elle me ravit l'âme d'un regard de fer plutôt que d'un sourire gracieux. Laisse-moi, veux-tu.

Non mais. Madame est ici.

Ah. Bigre. Mékeskelfoulà ?

Vous disiez la semaine dernière qu'elle allait arriver.

Chut, tu m'empêches de penser. Ma canne, j'y vais. Hiarh. Où est-elle ?

Elle attend que vous alliez l'accueillir.

Elle se prend pour une invitée ? Elle est chez elle, que diable !

C'est que la garde a stoppé son cortège à la Porte Guillaume.

Fichtre. Mon p'tit gars, on est dans un bourbier que tu n'imagines même pas. Bon, vas me faire préparer une chasse pour demain.

Quelques instants d'après, tout sourire, qui voilà qui arrive par-devant son épouse ? Bah Keri Keri. Bras ouverts et canne en l'air :

Ma mie, ma joie ! Vous voilà enfin.

Et de la serrer avec ardeur et passion, essayant de noyer le courroux qui est le sien - à elle - dans cette étreinte d'un moment presque indécent.
Il hume ses cheveux, il sent son corps, et ça lui a sacrément manqué, tout ça. Enfin, il regarde alentour, et avec pas moins de fougue qu'il en a mis dans l'accolade amoureuse, voici l'accueil tant attendu :


Bienvenue chez vous. Tout cela est à vous.

Et s'il est bien une chose que Keridil n'a jamais pu comprendre, c'était pourquoi il était traité en hôte à Seignelay plus qu'en baron des lieux. Peut-être parce qu'il se comportait comme tel, incapable de diriger une mesnie qui lui est inconnue, et ceci explique peut-être qu'il soit incapable de se faire à Chartres comme il s'est fait à Montpipeau et à Bréméan, parmi des hommes et des femmes qui l'avaient connu dans sa grandeur plus que dans l'acédie.
Le duc n'aime pas Chartres. C'est une horreur citadine. Cette ville peut bien avoir la plus belle cathédrale du monde, l'Amahir préfère prier dans l'église St Pierre ou encore à la collégiale St André, quand ce n'est dans la petite chapelle du château intramuros. Château froid, d'ailleurs, qui n'a pas la beauté simple et rurale de la citadelle de Montpipeau.
Qu'importent ces foutues portes magnifiques qui cerclent la ville, et ses tours, et ses pigeonniers, et son carrefour sur le monde. La place de la poissonnerie pue, et le duc n'y met pas les pieds, commerce ou non, et il ne rit même pas quand on lui parle de la maison de la Truie qui file. Quant aux rives de l'Eure, le brun les préfère hors des murs, quand la rivière s'évade par les souterrains pour jaillir dans les sous bois. Bref, le sourire qu'il offre à Della est un monceau de rare hypocrisie qui veut dire : regarde ma chérie comme ton époux va mieux, comme il t'aime fort, comme il est heureux dans ses terres. Mais en fait, il s'ennuie sévère - c'est bien pour ça qu'il chante des chansons d'amour en jouant du luth - et il se sent bas de détester le plus beau des fiefs de l'Orléanais, pour la seule et unique raison qu'il n'a pas les épaules pour l'administrer.


Je vais dire aux crieurs de hurler votre venue partout.

C'est une des choses qui n'a aucun sens à la campagne, mais qui en ville prend tout son sens.

Vous viendrez à la messe à la cathédrale, ce dimanche, et nous offrirons le pain ensemble.

Regardez moi ce beau petit couple parfait en apparence. Il serait dommage de ne pas le sortir.

Et Clément viendra, bien sur. Où est mon chenapan ? Où il est, hein ? Hein ?
Oh. Avez-vous Clarinha avec vous ? Je n'ai plus rien à porter, et nous allons à Dourdan tout bientôt, comme vous savez.

Bonjour, Isandre.


Ouais, il l'avait pas vue.

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MessageSujet: Re: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Lun 17 Juin - 20:59

Della a écrit:
On vous a narré précédemment, que ce couple-là faisait tout ce qu'il pouvait pour ne pas se foutre sur la tronche à chaque fois que les protagonistes se croisaient. Vous avez là, sous vos yeux ébahis et tout autant moqueurs, l'art du paraître dans toute sa splendeur.

Voyez Della qui répond à l'étreinte de son époux en se serrant un peu plus encore contre lui, faisant mime de paraître toute réjouie en entendant celui dont elle porte le nom lui parler de Chartres et de ses projets, ô combien futiles !

Elle va même jusqu'à poser sur les lèvres de la Fouine un baiser, presque chaste soit, mais baiser quand même.
Elle arrive même à cacher son agacement quand Kéridil lui parle fringues alors qu'il n'a plus un radis et qu'elle éponge comme elle le peut, le gouffre qu'il a creusé en laissant ses terres sans une main capable de les rentabiliser. Elle passe...ils iront à Dourdan dans des vêtements déjà portés, d'ailleurs Clarinha n'est pas là, elle est restée à Seignelay où elle s'occupe à raccommoder les habits d'hiver usés qui cette fois-ci ne seront pas offerts aux pauvres de l'hospice mais serviront l'hiver prochain.
Et elle profite de la diversion qu'offre leur fils pour ne pas laisser deviner état d'esprit...


Bien sûr que Clément se joindra à nous, ne sera-t-il pas le futur duc de Chartres, il est bon que les gens le voient.

Della tendit alors une main vers le carrosse d'où un Clément aux yeux gros d'une bonne sieste surgit.

Viens Clément, viens dire bonjour à ton père.

Et d'ajouter, pour l'information :

Dorante et Béatrice sont là aussi, vous les verrez plus tard, ils dorment sans doute.

Une question lui vint...qui n'était pas sans rapport avec le travail d'Haldor...Faites-vous lever des impôts sur les tavernes ?

Vrai quoi, c'est une mine d'or, l'impôt sur les tavernes...

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MessageSujet: Re: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Lun 17 Juin - 20:59

Keridil a écrit:
L'accueil, la joie des retrouvailles, le plaisir familial, les effusions de joies, les larmes au coin de l'oeil, la bouche qui se tord, le regard plein d'espoir et dégoulinant de bonheur : que dalle !
Ces choses qui ne se voient que dans les films sont depuis longtemps périmées dans la maison d'Amahir-Euphor, où l'on s'est enlisé dans une routine un peu acerbe où il fait meilleur croire que vivre. Alors on se conforte par des acquiescements sans fondement, on se pose une main sur l'épaule, signe de réconfort mutuel, en pensant à la cuisse de poulet qu'on mangera le soir, et on fait l'amour sans amour.
Les enfants, ça vous tue un couple. Père et mère ne sont plus trop mari et femme, et ça se voit quand on regarde ce Keridil qui reçoit dans ses bras un Clément un peu endormi et qui le couvre de baisers sonores et de sourires gracieux, quand à Della, il n'a offert qu'une mascarade de cérémonie de bienvenue. Et pourtant ! Pourtant, d'un doigt, il lui enroule une de ses mèches blondes, et lui dépose un baiser sur la joue. N'est-elle pas la créatrice de cette merveille qu'est le petit héritier joufflu à son papa ? Si fait !
D'ailleurs, L'Amahir junior n'a d'yeux que pour son Clément. Dorante et Béatrice ? Quand il n'oublie pas le prénom de l'un, il oublie l'existence de l'autre, et c'est dramatique tout plein. Un jour, parlant dudit Dorante, il l'appela Clitandre. Malaise !

Ne fut-il pas un jour où Keridil avait dit de Della : vous êtes près de vos sous.
Moi, narrateur, n'en sait plus rien, mais s'il ne l'avait pas dit, le voilà qui le pense. Oh, bien sûr qu'il connait la ruine de ses terres. Il pige pas trois lignes sur un livret de comptes, mais quand il voit un signe négatif devant les chiffres, il constate que ça sent le roussi. Mais il est aristocrate, et comme il est aristocrate depuis une période en fait relativement récente, bah il faut croire qu'il a un peu beaucoup flambé. Sa jambe témoigne peut-être d'un certain laisser-aller - quoique sa canne soit férocement riche - mais il fut un temps où il était le fougueux Maître de Cérémonies des Doigts d'Or, et Grand Ambassadeur Royal de France, et Chambellan d'Orléans. Tout ceci, mes amis : ça n'a rien de gratifiant. Alors bien sur, un diplomate se fait péter les lacets des braies à chaque repas, mais sorti de là... on a mangé, mais on est pauvre.
Keridil est pauvre, et, comme c'est de bon ton, fait l'autruche. Il fait comme si de rien n'était. Tranquillou. Pas vu, pas pris. Il a profité de quelques jours sans sa femme pour s'acheter un perroquet ! Rien que ça. Droit venu d'Orient, il porte le nom élégant et pas-du-tout-cliché de Coco.


- Coco y veut un gateau.

Entend-t-on depuis la pièce attenante, alors que le duc de Chartres s'empourprent et répond avec empressement à son épouse :

Un impôt sur les tavernes ? Boh. Non. Qu'ils s'amusent, les braves gens !

L'art de manquer les mines d'or, et de tendre la joue pour en prendre une.

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MessageSujet: Re: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Lun 17 Juin - 21:22

Della a écrit:
Et Della a soupiré...Oh, elle ne lui en veut pas, à son époux, elle sait...Elle sait qu'il ne sait pas compter, qu'il n'a pas la moindre idée de la façon dont on gère des terres et des revenus pour faire grossir le bas de laine qu'on laissera aux enfants si la guerre ne bouffe pas tout.
Alors, elle ne lui en veut pas. Elle l'aime. Et il arrive encore à la faire sourire tandis que ses gestes de tendresse semblent devenus si maladroits. Elle aurait aimé qu'il l'enlace et qu'il l'embrasse avec fougue, comme autrefois mais elle se contentera du baiser sur la joue et elle ne dira rien. Elle sourira, simplement, un peu tristement peut-être. Il ne comprendra pas pourquoi et ce soir, lorsqu'ils seront seuls, alors qu'il l'aura étreinte pour l'honorer comme on dit, il n'entendra pas les larmes qui rouleront le long de ses joues.

Pour l'heure, elle acquiesce d'un signe de tête aux propos de son époux...et elle pense qu'il devient urgent qu'elle trouve un intendant pour les terres de Kéridil ! Séverin, peut-être.

Qui est Coco ? Demande-t-elle en arquant un sourcil. Soudain le souvenir de la voix rocailleuse du perroquet de la grand mère de Béatrice lui revient en tête et...Est-ce un perroquet que l'on vient d'entendre ?! Sans attendre de réponse, elle plante Kéridil et Clément là, traverse la pièce et entre dans la pièce où Coco trône sur son perchoir. Doucement, elle secoue la tête en observant le volatile. Kéridil a-t-il plus de jugeote que l'oiseau ? Sur le moment, elle en doute. Il l'a suivie, avec Clément dans les bras et c'est parce que Clément montre Coco, tout réjoui, en demandant à son père ce que c'est que cet animal qu'elle ne dit rien, à nouveau. L'amour emporte la victoire, encore. Et elle les couvre tous les deux, époux et fils, d'un regard rempli de tendresse...

La parenthèse ne durera hélas que peu de temps, elle ne le sait pas encore mais avant la fin de la quinzaine, elle aura décidé de repartir...Mais ceci sera à découvrir dans un prochain épisode.

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MessageSujet: Re: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Jeu 20 Juin - 14:17

Della a écrit:
Ainsi...

Curieusement, la lettre reçue ne l'étonnait pas ou pas plus que cela.
Elle avait souri, amèrement, à certains mots, certaines phrases, elle avait secoué la tête de façon désabusée en en lisant d'autres.

Une seule phrase pourtant avait fait naître un sentiment penchant entre colère et chagrin.

    "Je n'oublierai jamais le jour où ce fils qui fait ma fierté et qui marche dans mes pas s'est effondré en larmes dans mes bras, comme un enfant."

C'est à cause de cette phrase-là qu'elle entra dans la chambre où Kéridil se trouvait.
Elle entra sans frapper, n'était-elle pas chez elle, après tout ?

Ainsi donc vous êtes allé pleurnichez sur l'épaule de Lexhor...Dites-moi, était-ce avant ou après que j'ai renfloué vos caisses avec l'argent de Seignelay...avant ou après la naissance de votre bâtard roux...avant ou après que vous m'ayez laissée poireauter quelque part entre Tonnerre et la Champagne alors que nous devions ensemble rejoindre votre père ? Je suppose que c'est après que vous ayez menacé de venir me chercher à Strasbourg...menace sans effet...paroles, paroles...j'ai attendu mais vous n'êtes jamais venu...

Vous avez de la chance, Kéridil, d'avoir une épaule sur laquelle vous pouvez pleurer. Je n'en ai pas, pour ma part J'ai bien un époux mais il est trop occupé à se morfondre pour prendre la peine de m'écouter...Alors, je serre les dents, je me relève et j'avance...Oui, vous avez beaucoup de chance, vraiment...

Vous m'avez dit ne pas avoir la force de vous mêler du différent qu'il y a entre votre père et moi...je peux le comprendre, je ne vous le demande pas...Sachez toutefois que si, comme votre père, vous pensez que seuls vos titres m'intéressent, si pour cette raison vous et lui décidiez qu'il serait préférable de mettre fin à notre mariage, vous me trouveriez sur votre route, moi, la mère de vos enfants légitimes pour vous faire mordre la poussière...


Elle avait parlé d'une voix monocorde, s'interdisant de laisser paraître la plus petite émotion. Pourtant, au fil des mots, alors qu'elle se rendait compte de la douleur qui étreignait son coeur, ses mains s'étaient refermées sur elles-mêmes et ses ongles enfoncés dans ses paumes, elle luttait pour ne pas faiblir.

Elle ne répondrait pas à la lettre de Lexhor, s'il pensait vraiment ce qu'il avait écrit, c'est que depuis bien longtemps, il avait cessé de la voir comme un membre de la famille. Elle ne perdrait donc pas de temps en répondant aux accusations qu'il avait écrites.

Sa colère et sa peine, elle s'en servirait pour une autre cause...elle reprendrait les armes et elle s'en irait là où l'on verrait seulement en elle une femme de caractère prête au sacrifice ultime pour une cause qu'elle porterait à bout de bras.


Je pense que je n'ai plus rien à faire ici. Dès demain, les enfants et moi, nous nous en irons.

Elle n'avait pas bougé d'un pouce, était restée droite, le regard posé sur son époux, elle fit mine de retourner vers la porte mais elle se ravisa et :

Je vous ai toujours aimé, Kéridil...quand vous n'étiez rien qu'un petit diplomate et quand vous étiez au plus haut de votre gloire et même quand l'acédie était votre compagne, je vous aimais. Je vous aimerai toujours. Pensez-y quand on vous dira de moi que je suis une coureuse de titres.

Elle battit des cils, des larmes menaçaient, il était temps de s'en aller.

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MessageSujet: Re: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Jeu 20 Juin - 14:17

Keridil a écrit:
S'en aller ? Ah ça, il est toujours tant de s'en aller. C'est même devenu un sacré signe distinctif chez les Amahir-Euphor. On s'en va dès que l'occasion se présente, que ce soit pour aller à la chasse ou pour dégager en Castille, en Empire, à droit, à gauche. On s'évite, on se rattrape, on se tape sur la tronche, on se rabiboche sans trop y croire. Bref, c'est toujours un peu le bordel. D'ailleurs, il n'avait pas fallu longtemps pour que le bonheur tout frais du couple aperçoive son premier orage : jeunes et fiancés, quand Della avait parlé de ce ventre lacéré, et d'une potentielle inaptitude à enfanter. Et puis il y avait eu ci, et ça, et tant d'autres broutilles.
Un jour, il l'avait enfermée dans une tour. Et elle, elle avait du lui jeter un nécessaire à broderie à la gueule. C'est haut en couleur, ça vous change d'un quotidien chiant à bouquiner devant la cheminée, me direz-vous. Mais là, tout de suite, alors qu'il est entrain de faire reluire un casque dans sa chambre, Keri Keri se serait passé de la scène qui suivit. L'entrée de la furie, ses crachats acides, et lui, qui essayait de parler, et dont les sourcils prirent à peu près trente-deux positions différentes, allant de la stupéfaction à la perplexité, puis à l'errance, passant par l'intrigue, et la rage. Rage qui poussa un peu la Fouine a empoigner sa canne pour se lever et rattraper l'épouse fuyarde, lui attrapant le bras droit, non sans force. Il la retourna littéralement, histoire qu'elle lui fasse face. Il la regardait, tiraillé entre l'envie de la gifler, celle de la violer, celle de se jeter à ses pieds et d'implorer. Il resta hagard un moment, réunissant ses pensées, digérant le flot de paroles, comprenant quelques détails, du genre : papa lui a dit que j'avais chialé, le bougre !
Et finalement... il y alla point par point, avec un magistral sang froid.

Vous allez vous taire, et m'écouter.

Pour la première fois, ses azurs imitèrent ceux de la duchesse de Chartres : ils virèrent au gris métallisé.

J'ai confessé mon désarroi à mon père, et j'ai vécu la honte de ma vie. On ne montre pas ses larmes. Mais nous n'avons pas tous la dureté de votre coeur, Della. Quand était-ce et où étiez-vous ? Aux alentours des joutes d'Amboise, je crois. Vous étiez toujours en Empire. Cet Empire où vous vous êtes terrée lâchement pour des raisons qui m'échappent, quoique je m'en fiche, désormais. Ne me reprochez pas de ne pas être venu vous y chercher. Je l'aurais fait si Clément n'était pas tombé malade : allez-vous me reprocher de l'aimer, lui ?
Je... j... Oh ce que vous m'agacez ! Toujours quelque chose ! Toujours ! Rien ne va.

Ah bah si, il perd son sang froid du coup.

Vous n'avez pas d'épaule sur laquelle pleurer ? Mais vous n'avez pas une larme dans les yeux ! Jamais votre tête n'a essayé de se poser sur la mienne. Quand vous vous lamentez, c'est avec des cris, et à défaut de réconfort, ce sont des comptes que vous demandez. Et puis comme je pense être la source de toute votre affliction sur cette terre, je doute d'être l'épaule qui vous conviendrais.
Peuh. Comme si vous m'aviez attendu.
Et je ne suis pas mon père ! Vous ne savez rien de ce qui m'unit à mon père, et vous semblez ne rien savoir de ce qui m'unit à vous. Vous croyez que c'est aisé d'avoir le cul entre deux chaises ? Je hais vous donner raison quand vous le trouvez injuste et incorrect avec vous, mais je hais lui donner raison quand il me dit que vous êtes néfaste ! Je vous hais tous les deux de ne pas être foutus de vous entendre. Et je m'en fiche ! J'n'ai pas à choisir. Vous êtes Dieu, et c'est le Roi. Voilà ! Voilà ! Voilà ! Alors que dois-je faire ? Me barrer pour ne pas choisir ?
Et d'ailleurs, ne préjugez pas de mes pensées ou sentiments pour vous. Je sais, moi, comment nous avons... débuté. Je sais pourquoi nous en sommes là. Les titres nous ont fait plus de mal que de bien. La peste en soit !
Alors non. Je rendrai chacun de mes titres pour conserver ce mariage. Mes serments vassaliques n'ont pas été consacrés par le Très Haut. Celui que je vous fit, si. Il va falloir que vous vous enfonciez dans le crâne ce très simple constat : vous mourrez veuve, ou mariée à moi.

Là dessus, il frappa le sol avec sa canne, fermement. Puis il jeta sa canne, parce qu'il en avait marre d'avoir l'air grabataire, et se dressa solidement sur ses deux jambes, faisant fi de toute douleur.

Et, pour votre gouverne : je n'ai aucun autre enfant que ceux que je vous ai fait. Je n'ai d'ailleurs pas connu d'autre femme que vous. Mais votre confiance en moi m'honore, vraiment. Comme votre entrain à venir me parler de vos chagrins. Voyez ! Je sais que vous me pensez volage depuis quelques temps. Oh, c'est normal, je l'ai provoqué : un contrat entre Rosaline de Pommières et moi-même. Vous rendre jalouse. Bingo. C'est réussi. Cet enfant est le sien et celui de son époux. Sauf qu'à aucun moment vous n'avez eu le courage de m'affronter sur ce sujet, ou de m'interroger. Vous avez préféré extrapoler, vous faire votre idée mesquine, et avoir l'initiative dégoûtante d'écrire à cette femme pour... je ne veux même pas mettre des mots sur l'abjection dont vous avez été l'initiatrice. Je vous l'ai dit un jour : vous êtes dure.

Il avait commencé à s'agiter, ponctuant son discours de gestes, et marchant même dans la pièce sans se rendre compte qu'il n'avait en main aucun soutien. Lorsqu'il réalisa, comme par effet psychologique, il chancela et se rattrapa maladroitement à un buffet.

Mais moi aussi j'vous ai toujours aimée, Della. Ambassadrice, déchue, revenue en titres, haïssable et me haïssant. Mère. Épouse. Et là encore, alors que vous m'accusez des pires vices sans aucune honte, je vous aime. Mais dieu, mon aimée, que vous portez mal votre surnom. Vous n'avez rien du renard. Et je n'ai pas votre cuirasse. Comprenez-le simplement.
Vous allez partir. Mais pas sans moi. Tant pis pour le reste. Et vous savez quoi ? Nous allons nous marier. Encore. Parce que si je devais le refaire, je le referai tout pareil, même sachant à quoi était voué notre avenir.


Il s'installa sur le lit, et, boudeur, reprit le lustrage de son casque.

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MessageSujet: Re: [RP] Chartres - 'Tention, voilà Madame   Jeu 20 Juin - 14:18

Della a écrit:
Avait-il déjà haussé le ton de cette façon en s'adressant à elle ?
Sans doute pas. Pas de cette façon-là en tout cas. Pas en se livrant ainsi. Comme elle ne savait pas le faire.
Oh il avait raison, elle ne pleurait pas ou alors en cachette, silencieusement, renfermée en elle-même. Les larmes n'arrangeaient rien selon elle, elles montraient la faiblesse de l'être et faible, elle ne voulait pas, ne pouvait pas l'être ! Son caractère était ainsi.
Surprise aussi du regard que Kéridil lui lança, tout autant interloquée d'entendre ce qu'il lui envoyait au visage, ses sentiments, Rosalinde, ses reproches et ses exigences, elle resta sans mot dire, plantée encore une fois, suivant des yeux les déplacements de son époux, remarquant qu'il savait très bien marcher sans cette fichue canne...Et là, un souvenir lui vint, celui du jour où elle brisa la canne de Watelse...Un sourire qu'elle tacha de rendre le plus discret possible étira ses lèvres...

Ce ne fut que lorsque le Duc de Chartres s'assit à nouveau sur le lit qu'elle osa faire un pas dans sa direction, puis un deuxième et comme il ne levait toujours pas la tête, elle vint jusqu'au lit et s'assit près de lui.

J'accepte. Oui, j'accepte de vous épouser Kéridil d'Amahir-Euphor. Je n'ai pour seul parent à qui vous pouvez demander ma main que mon cousin Séverin, je doute qu'il refuse car il vous aime beaucoup.

Elle balança ses jambes, sa taille l'empêchant de toucher le sol, un peu comme le font les enfants...elle se mordait les lèvres, pour cacher sa gêne et aussi cette foutue honte qui l'avait envahie lorsque Kéridil lui avait avouer l'horrible contrat passé avec Rosalinde...Pourtant son coeur était délivré d'un tourment douloureux : son époux ne l'avait pas trompée !

Elle soupira, longuement, pour évacuer une partie de la pression qui lui écrasait la poitrine. Avouer ses faiblesses n'était pas son passe-temps favori, se montrer faible et sensible non plus.


Je...je suis...je vous dois des excuses...pour...ce que j'ai cru à propos de cette rouquine...je...

Bien vite pourtant, elle se remit à fulminer, une bouffée de rage lui monta à la gorge.

Je vous déteste ! Comment avez-vous pu me faire ça ? J'étais malade de...
Oh que c'était difficile à dire, difficile de cracher ce mot qu'elle haïssait......de jalousie !

D'un coup, elle se tourna vers son époux, lui arracha le foutu casque des mains et le balança à l'autre côté de la pièce.

Vous me le paierez !

Plus de colère, plus de rage, plus de jalousie. Juste une femme se blottissant contre son époux pour chercher dans ses bras, le réconfort dont elle a besoin.


...
Mais...alors...le môme que Haldor a fait mener à Hauterive n'est pas le bâtard de son époux...Oups. Della n'en a pas fini avec cette affaire.

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